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US Open: Bientôt l'heure de Wozniacki?

US Open: Bientôt l'heure de Wozniacki?

TENNIS ­- Travailleuse plus que talentueuse, la Danoise, tête de série numéro 1, a les armes pour devenir numéro 1 mondiale...
Romain Scotto

Romain Scotto

Les télés américaines ont longtemps craint le pire. En l¹absence de Serena Williams, la star des courts aux Etats-Unis, le tableau féminin semblait un peu «light» pour faire décoller l¹audimat de CBS et ESPN, les codétenteurs des droits de diffusion de l¹US Open. Au pays d¹Evert, Seles et Davenport, il fallait presque être connaisseur pour imaginer qu¹une jeune Danoise ferait le travail. Caroline Wozniacki, donc, crinière blonde et joli minois.

Depuis dix jours, la tête de série numéro 1 du tournoi joue à Flushing Meadows comme en Interclubs. Trois jeux laissés après les trois premiers tours. Un peu plus pour expédier Maria Sharapova en 8e. La nuit prochaine, c¹est Domenika Cibulkova qui se dressera en quart sur la route de celle qui pourrait remporter dimanche son premier Grand Chelem. A 20 ans, elle prendrait du même coup la tête du classement WTA. Une trajectoire étonnante pour une joueuse sans réel point fort. Mais surtout sans faiblesse.

Boulimique à l'entraînement

Jeune retraitée du circuit, Nathalie Dechy ne voyait pas en elle une numéro1 mondiale en puissance. «Je l¹ai jouée il y trois ans à Roland-Garros. Je ne pensais pas qu¹elle aurait ce genre de progression. Elle a impressionné tout le monde.» Celles qui la côtoient parlent toutes d¹une «acharnée de travail», pas forcément la plus douée sur le circuit, mais boulimique à l'entraînement. Résultat, face à elle, «on a l¹impression de jouer contre un mur. Et dans ces cas-là, c¹est toujours le mur qui gagne, enchaîne Dechy. A moins de la prendre de vitesse, elle est impossible à déborder.»

A l¹origine, c¹est bien contre le mur de la maison familiale d¹Odense que la jeune fille martyrise ses premières balles. Voyant son entêtement, son père Piotr, ex-footballeur professionnel en Pologne et au Danemark, décide alors d'entraîner sa fille à plein-temps. Anna, la maman, ancienne volleyeuse de l¹équipe nationale danoise, donne son accord, en attendant les premières victoires en tournoi.

Jeu complet

Longtemps celle qui admirait Ana Kournikova - une joueuse qui «gérait toujours les choses avec classe» - traîne la réputation de se reposer sur un seul coup: son revers à deux mains. On l¹assimile alors à une «renvoyeuse», limitée pour se hisser parmi les meilleures. Sauf qu¹aujourd¹hui, la Danoise possède aussi un gros service, accélère des deux côtés et monte parfois au filet. Une palette complète qui lui permet d¹assumer son statut de favorite sans complexe. «La pression est là lorsque tu as l¹impression d¹être propulsée à une place qui n¹est pas la tienne. Mais je pense mériter d¹être là où je suis», explique la jeune fille, obnubilée par la place de numéro 1.

Vue la vacance du pouvoir au classement WTA, certains voient même Wozniacki s¹installer sur la durée au sommet de la hiérarchie mondiale et s¹imposer comme une figue du tennis mondial. «Côté tennis, elle a tout pour, enchaîne Dechy. En plus, elle est très jolie, souriante et vraiment sympa. Donc, c¹est parfait pour le tennis. Il y a quelques années, un garçon comme Wilander est arrivé, très jeune avec son jeu de contre et il s¹est imposé sur la durée. Ce sera peut-être pareil pour Caroline, avec le temps elle gagnera en notoriété.» Un jour peut-être, on ne demandera plus Woznia...Qui?