Equipe de France: Samir Nasri est affamé

FOOTBALL Le Gunner se confie à «L'Equipe»...

M.Go.

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Les joueurs de l'équipe de France, Karim Benzema (en rouge à gauche), et Samir Nasri, lors d'un entraînement à Clairefontaine, le 27 mars 2007.
Les joueurs de l'équipe de France, Karim Benzema (en rouge à gauche), et Samir Nasri, lors d'un entraînement à Clairefontaine, le 27 mars 2007. — F.Fife/AFP

En l'absence de Yoann Gourcuff, Samir Nasri a une belle carte à jouer. Le Gunner le sait bien, Laurent Blanc en a parlé publiquement. «Ce n'est même plus de la faim, je suis affamé!», rigole le Français dans les colonnes de l'Equipe. L'appétit d'un joueur qui a dû encaisser sa non-sélection pour la Coupe du monde. «Lorsque j'ai vu que je ne faisais même pas partie de la liste des trente, j'ai pris une grosse claque. Le lendemain, j'ai eu une discussion avec le coach (Arsène Wenger) qui m'a tout de suite rassuré. Mais ce qui m'a le plus touché, ce sont les explications de certains qui nous faisaient passer, Karim (Benzema) et moi, pour des fouteurs de merde. Forcément, tu te poses des questions.»

Djibril Cissé au téléphone

Sans savoir s'il serait descendu du bus, Samir Nasri a assisté avec consternation au fiasco. «Sur le coup, oui. Je me suis dit: «Si on n'a pas été pris parce qu'on était des perturbateurs, qu'est-ce qu'il se serait passé si on avait été là-bas!» Mais j'étais surtout attristé. À deux jours d'un match de Coupe du monde décisif pour la qualification, c'était un geste insensé! J'étais en vacances à Las Vegas et j'ai cherché à comprendre. J'ai eu Djibril (Cissé) au téléphone et je lui ai dit: «Aux États-Unis, on ne parle que de ça! Alors, imagine en France...» Mais ils ne se rendaient pas compte de l'impact que cela pouvait avoir sur les gens. Ils étaient enfermés dans une bulle.»

«On n'a plus l'excuse de la jeunesse»

Cet épisode ouvre en tout cas le jeu en Bleu. Nasri en est parfaitement conscient. Il ne veut pas laisser passer sa chance. Surtout que le meneur Gourcuff sera absent pour les deux premiers matchs des éliminatoires à cause d'un carton rouge écopé en Afrique du sud. «Et puis, ces places, il va falloir les gagner. Ce n'est pas une seconde chance. C'est notre chance. On a vingt-trois ans. On n'a plus l'excuse de la jeunesse. À nous de prendre les choses en main. Il y a un nouveau départ avec un nouveau sélectionneur. Et comme l'a dit Laurent Blanc, il y a un train à prendre et, cette fois, il ne faut pas le rater.»