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Bertrand Layec: «Il faut que l'arbitre soit plus partenaire du jeu»
FOOT•Le manager des arbitres de L1 répond aux critiques sur l'arbitrage français...Propos recueillis par A.P.
A l’heure des bonnes résolutions, entraîneurs, capitaines, arbitres de Ligue 1 se sont retrouvés à Paris pour la traditionnelle réunion d’avant saison. Parmi les nouvelles consignes lâchées aux hommes en noir: «Protéger davantage les créateurs.» Bertrand Layec revient sur le contenu de cette réunion.
Quel est l’objectif et l’intérêt de genre de réunion entre arbitre, joueurs et entraîneurs ?
On part d’une démarche d’information au niveau technique et tactique. C’est la possibilité pour nous d’évoquer les nouvelles consignes arbitrables qui seront en vigueur dès samedi. Il n’y a pas de révolution à attendre. Notre message a surtout porté sur la protection des joueurs mais aussi de l’arbitre. On a senti la saison dernière une montée en puissances des contestations avec des comportements parfois violents comme ce qui s’est passé avec le Nancéen Hadji (lien).
Faut-il s’attendre à des sanctions plus lourdes?
L’idée est bien de restaurer l’autorité de l’arbitre, c’est ce message qu’on a voulu faire passer auprès des joueurs et des entraîneurs. On a insisté sur les comportements intimidants vis-à-vis de l’arbitre. C'est-à-dire s’approcher très près de lui, avoir des gestes d’intimidation ou blessants. Par exemple, un joueur qui applaudira un arbitre de façon véhémente et ironique sera exclu du terrain.
Vous voulez insister sur la protection des meneurs de jeu. Cela ne va pas toujours être évident de déterminer qui est le meneur…
Ce n’est pas faux… Ce que l’on veut dire, c’est que dans chaque formation il y a un joueur offensif qui est plus visé que les autres. Mais c’est d’abord un message symbolique, on veut protéger tous les joueurs. L’arbitre ne peut pas empêcher un joueur de mettre une semelle, mais il a le devoir de sanctionner le coupable. Avec la médiatisation de toutes les rencontres, il doit y avoir une cohérence des sanctions.
Que répondez-vous à ces consultants comme Christophe Dugarry qui estiment que les arbitres français sifflent trop?
J’entends la critique. On a bien vu lors de la finale de la Coupe du monde ce qui peut arriver quand on laisse trop jouer. Dire qu’en France on sifflerait plus qu’ailleurs, ce n’est pas un sentiment que je partage. On peut se satisfaire en Ligue 1 de n’avoir eu que très peu de graves blessures provoquées par des agressions, ce n’est peut-être pas le cas dans le championnat d’Angleterre. En revanche, il faut que l’arbitre soit plus partenaire du jeu et arrive à mieux lire les actions et les duels afin de rendre le jeu du plus fluide. C’est un des axes prioritaires de cette saison. Mais notre priorité est bien l’intégrité physique des joueurs.
Avez-vous évoqué avec les entraîneurs leurs critiques sur l’arbitrage?
Pas spécialement. Chacun est responsable de ses propos. De notre côté, on a surtout insisté auprès des entraîneurs pour qu’ils participent aux travaux techniques que nous tenons toutes les cinq journées de championnat. C’est par le dialogue et l’ouverture que nous pouvons peut-être faire évoluer ces comportements d’après-match qui polluent l’image du football.
On constate pourtant que l’arbitrage est de plus en plus au cœur de l’actualité et alimente la polémique. C’est assez nouveau en France de voir des journaux faire la Une à ce sujet…
Plus on parle négativement de l’arbitrage, plus on modifie l’opinion du public. Souvent ces articles s’appuient sur l’aide ou le témoignage d’anciens arbitres dont chacun jugera la crédibilité. Leurs propos ne favorisent pas la relation positive qui pourrait se dégager entre les arbitres et les acteurs du football. Après, les uns et les autres ont des objectifs qui peuvent être parfois opposés. Certains essayent d’exister comme ils peuvent.


















