Comment le nouveau Parc va-t-il résonner?

FOOTBALL Le plan «Tous PSG» va révolutionner la culture supporter du club de la capitale...

M.Go.

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Les tribunes seront-elles clairsemées lors de la saison 2010-20111 du PSG?
Les tribunes seront-elles clairsemées lors de la saison 2010-20111 du PSG? — AFP Photo

Le Parc va-t-il devenir une coquille vide et silencieuse? Samedi face à Saint-Etienne, le club parisien jouera son premier match de Ligue 1 depuis l’instauration du plan «Tous PSG», une révolution des tribunes destinée à lutter contre la violence qui gangrène le club de la capitale. Parmi ces mesures, la fin des abonnements en tribunes latérales et le placement aléatoire des supporters. Une décision qui  brise de fait la culture de groupe des ultras de l’enceinte parisienne, traditionnellement une des plus animées de l’hexagone.

La fin d’une époque? «Samedi, il n’y aura pas ou peu d’ambiance. Et beaucoup de supporters stéphanois, assure Christophe Uldry, porte-parole des Supras Auteuil, l’association la plus bruyante du Parc depuis les années 90 et dissoute à la fin de la saison dernière. Mais c’est ce que veulent les responsables du PSG: des supporters sages à qui on dit ‘Assieds-toi et ferme ta gueule’.»

Le Vous vous êtes là?

Une opinion radicale qui relaye la colère des ultras. Dans les bars, sur les forums des supporters historiques parisiens, on craint la mort des chants. On s’offusque de voir les tags des tribunes effacés par les services du club. Et depuis quelques jours, on ironise de façon grinçante en se racontant une anecdote: lors du tournoi de Paris, certains stewards auraient même fait assoir des supporters qui voulaient se mettre debout, comme en Angleterre. 

Est-ce pour autant le début du règne du silence?  «On est capable d'avoir une vraie réaction du public. J'ai même entendu des départs de chants. Et j'ai vu à la fin du match un Parc qui arrive à s'enflammer sur le but de l'égalisation de dernière minute», a positivé le président Robin Leproux après le match amical contre la Roma (1-1).  La spontanéité d’un public bon enfant (avec notamment des tarifs spéciaux pour les femmes et les enfants) plutôt que  la puissance des  chants organisés, le prix à payer selon la direction du PSG qui tente d’imposer de nouveaux symboles pour accompagner l’évolution des tribunes et peut-être créer une ambiance: la mascotte Germain le Lynx pour les enfants,  la réhabilitation du chant «Go West» plus familiale que le «Ici c’est Paris» et  une tour Eiffel température mesurant l’ambiance, appelée aussi «Le vous vous z’êtes là?». Des trompettes en plastique ont d’ailleurs fait leur apparition dans les tribunes lors du tournoi de Paris. «Les dirigeants du PSG parlent bien d’Entertainment dans les médias. On n’est plus dans le football», râle Uldry.

Après l'érosion, la chute libre de l'affluence?

Au-delà de ce virage historique, la direction du PSG prend un gros risque financier. Bien sûr, elle va attirer un nouveau public ou retrouver les faveurs de certains déçus (la saison dernière, des associations modérées comme celle du Handi club de Parisavaient ainsi décidé de boycotter le Parc). Mais le prix à payer peut être lourd. Car les abonnements des ultras en latéral représentaient une belle manne financière. La saison dernière, Auteuil et Boulogne représentait à eux seul 6.000 abonnements. Selon une source proche du club, le PSG n’aurait engrangé que 2.000 abonnements à quatre jours du début de la Ligue 1. De plus, une grande majorité des supporters ultras  devraient boycotter les premiers matchs. Pas sûr que l’affluence du PSG, environ 35.000 personnes par match, en lente érosion depuis quelques années, retrouve des couleurs. 

 

Quelles actions pour les ultras?

Les ultras ne sont pas tous d’accord sur la façon de protester contre ces mesures. Certains prônent le boycott, d’autres des actions de protestation à l’intérieur du Parc ou des sittings pour bloquer l’accès autour de l’enceinte. «Il est hors de question de transformer le Parc en Parc d’attraction. On n’est pas prêt de lâcher le morceau. On ne désespère pas de revenir un jour au Parc supporter le club à notre façon. Sans violence», explique Uldry.