Du dopage au sein de l'US Postal d'Armstrong, selon trois anciens
CYCLISME•Dans des entretiens au «Wall Street Journal»...Trois cyclistes ont accusé dans des entretiens au Wall Street Journal leur ancienne équipe, US Postal, d'avoir institué le dopage à l'époque où l'Américain Lance Armstrong dominait le Tour de France.
Ces trois coureurs, qui ne sont pas nommés, «ont dit au Journal lors d'entretiens qu'il y avait du dopage dans l'équipe à l'époque où M. Armstrong était son leader, et l'un d'entre eux a admis que lui-même s'était dopé», a écrit le quotidien des affaires.
Révélations de Landis
«Plusieurs autres coureurs ont dit qu'ils n'avaient jamais observé d'activité de ce type lorsqu'ils étaient dans l'équipe», a-t-il ajouté.
Ces révélations figurent dans l'édition à paraître samedi, jour du départ du Tour de France, sur lequel est engagé son septuple vainqueur, âgé bientôt de 39 ans.
Pratiques de dopage
Le Wall Street Journal a publié un très long compte-rendu d'entretiens avec un autre ancien coéquipier d'Armstrong, Floyd Landis, qui y détaille les pratiques de dopage dont il dit avoir témoigné au sein de l'US Postal, entre 2001 et 2004.
Ces accusations de Landis avaient été lancées en mai par le coureur dans la presse et dans des courriers électroniques à des autorités antidopage et des institutions cyclistes, notamment sa fédération et la fédération internationale (UCI). Le Wall Street Journal avait publié une partie des révélations faites à l'époque.
Cocaïne et strip-teaseuses
Lance Armstrong a nié tout dopage, mettant en cause la valeur de la parole de Landis, déchu de sa victoire dans le Tour de France 2006 pour un contrôle positif à la testostérone, mais qui a dépensé de fortes sommes pour tenter de prouver son innocence.
Dans le Wall Street Journal, Landis a refait une chronologie des pratiques du dopage auquel il dit avoir été soumis d'abord chez US Postal, avant d'en prendre l'initiative chez Phonak où il a passé les saisons 2005 et 2006.
Il affirme qu'après la signature de son contrat dans l'équipe d'Armstrong, en 2001, ce dernier l'a emmené dans une soirée à Austin (Texas, Sud) où était consommée de la cocaïne et présentes des strip-teaseuses.
Patches
«Je me suis fait à l'idée à ce moment-là qu'il avait une image, et que par ailleurs il y avait une réalité», a expliqué Landis.
Sélectionné pour courir le Tour 2002, il se serait vu proposer par le manageur Johan Bruyneel de porter des patches de testostérone «deux nuits sur trois», et des prises de sang, qui devaient permettre des transfusions pendant l'épreuve pour améliorer le transport de l'oxygène.
Armstrong aurait donné à Landis une vingtaine de patches, lui fournissant la première occasion de se doper de sa carrière, et lui aurait expliqué «la logistique complexe des transfusions» pour déjouer la surveillance.
Transfusions
Il raconte en particulier deux épisodes de transfusions auquel il aurait vu Armstrong participer.
Selon lui, l'un a eu lieu lors du Tour 2004 dans un hôtel près de Limoges, où l'on demandait aux coureurs de venir dans une chambre dégagée pour l'occasion afin de se faire injecter leur sang par un médecin, avec des membres de l'encadrement faisant le guet à l'extérieur.
L'autre se serait déroulé dans le bus de l'équipe, arrêté «sur une route de montagne isolée» après une étape.
Landis révèle aussi avoir découvert que l'US Postal revendait des vélos mis à disposition par son équipementier, Trek, afin de couvrir les coûts du dopage.



















