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Escalettes, un fusible pas irremplaçable

Escalettes, un fusible pas irremplaçable

FOOTLe président de la fédération française quitte ses fonctions après le fiasco de l'équipe de France en Afrique du sud...
Romain Scotto

Romain Scotto

Au soir de l'élimination des Bleus, il n'avait pas voulu «ajouter un drame à un drame», dans les coursives du stade de Bloemfontein. Jean-Pierre Escalettes, brocardé pour sa gestion désastreuse de la crise, n'avait pas souhaité remettre tout de suite sa démission. Il a juste attendu six jours pour lâcher son fauteuil de président. Dans un communiqué publié sur le site de la fédération, il affirme avoir réfléchi le temps d'un week-end avant de s'en aller. «J'assume avec lucidité ma part de responsabilité. Ma décision est essentiellement dictée par la volonté de préserver et de faciliter l'évolution d'une institution que je sers avec passion depuis plusieurs décennies.»

L'issue ne faisait plus vraiment de doute depuis que sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot avait publiquement mis en cause sa responsabilité. Une première fois en Afrique du sud, lors d'un discours faussement émouvant, puis de façon beaucoup plus appuyée à son retour en France. A 75 ans, Jean-Pierre Escalettes faisait office de fusible idéal pour marquer la fin de la crise. En Afrique du sud, il n'a rien contrôlé, essuyé sans broncher les attaques touchant son image et celle de l'équipe.

Encore un apparatchik?

Son soutien indéfectible à Raymond Domenech lui coûte aussi les deux dernières années de son mandat, qu'il devait achever en 2012. Sur le papier, Jean-Pierre Escalettes affiche un très bon bilan: il a redressé les finances de la FFF, négocié un contrat juteux avec Nike, obtenu l'Euro 2016 et géré l'afflux de nouveaux licenciés. Et pourtant, son nom risque d'être associé longtemps au fiasco sud-africain.

Sa démission est aussi une façon de protéger une institution férocement attachée à l'amateurisme, qui fait sa force, mais aussi sa faiblesse au plus haut niveau. Son successeur a sûrement déjà un pied dans la maison. Il devrait figurer au sein de l'actuel conseil fédéral, où tous les autres élus sont encore en place.

Avant l'intronisation de Laurent Blanc, aucun choix ne semble marquer une rupture avec l'ancien prof d'anglais. Ses successeurs potentiels sont nombreux. Christian Teinturier ou Guy Chambily, les anti-Domenech? Noël Le Graët ou Gérard Houllier deux hommes de pouvoir? Ou un nouvel apparatchik, issu du monde amateur? Le futur patron de la FFF devra quoi qu'il arrive s'atteler au changement de gouvernance de l'équipe de France. Il devra «professionnaliser» la cime de la fédération, décriée pour son amateurisme. Cela lui évitera peut-être de démissionner, comme les trois derniers présidents, après un fiasco sportif.