Patrice Evra: «On renoncera à toutes les primes»

INTERVIEW Le capitaine des Bleus présente ses excuses auprès du public pour les mauvais résultats de son équipe. Et l'image renvoyée pendant cette Coupe du monde...

Propos recueillis par Romain Scotto, à Bloemfontein

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Le défenseur de l'équipe de France, Patrice Evra, lors d'une conférence de presse, le 18 mai à Tignes.
Le défenseur de l'équipe de France, Patrice Evra, lors d'une conférence de presse, le 18 mai à Tignes. — F.Fife/AFP

De notre envoyé spécial à Bloemfontein (Afrique du sud),

En costume dans les couloirs du stade de Bloemfontein, Patrice Evra n'a même pas eu à prendre sa douche. Le capitaine des Bleus au début de la compétition a été écarté par Raymond Domenech. Ce qu'il a beaucoup de mal à encaisser, comme le désastre qui est celui de la France en Afrique du sud...

Quel est votre sentiment après cette élimination?
C'est le moment du grand pardon. Pour des milliers de Français. Je partage leur douleur. Ce qui fait encore plus mal, c'est que ce pardon devait être fait hier (pendant la conférence de presse d'avant match). En tant que capitaine, mon coach me l'a interdit. Et ça fait encore plus mal, même si ça ne changera rien. On n'est pas à l'heure des règlements de comptes, mais de la souffrance. Elle est sincère. La France entière aura besoin d'explications à ce désastre. Ce n'est pas le moment de les donner. Je le ferai. Je dirai la vérité. Je n'ai rien à cacher, l'équipe de France n'appartient à personne, mais à tous les Français. Les gens ont besoin de savoir la vérité. Les causes de ce désastre.

Le grand pardon pour l'élimination, ou tout ce qu'il s'est passé en Afrique du sud?
Pour l'ensemble. Tout ce qu'il s'est passé.

Vous regrettez ce qu'il s'est passé dimanche à l'entraînement?
Je répondrai à toutes ces questions plus tard. On a publié un communiqué pour donner notre raison. Mais ça peut aller au-delà. Je le prends plutôt comme un SOS. La France saura la vérité. Je dirai vraiment ce que j'ai vécu en tant que capitaine. Ce soir, je sors de l'équipe sans raison valable. Ce sont des moments difficiles mais il y a des gens qui souffrent encore plus que moi aujourd'hui. On renoncera aussi à toutes les primes. Je parle au nom du groupe et on n'acceptera pas un seul centime ou quoi que ce soit.

Pour quelle raison les Français pourraient-ils vous pardonner?
C'est difficile de pardonner à une équipe qui ne se qualifie pas comme ça au deuxième tour. Je ne me le pardonne pas moi-même. Mais de tout cet échec il y a une cause. Des choses se sont passées. En sachant la vérité, les gens pourront nous pardonner.

Que pouvez vous faire pour regagner la confiance du public?
C'est simple, il y aura un renouvellement. Et il faudra gagner. L'équipe de France doit gagner.

Prônez vous plus d'ouverture envers le public?
Ce n'est pas à moi de décider. Mais oui, je le souhaite.

Tout peut-il changer avec le nouveau sélectionneur?
(Il hoche la tête sans parler pendant quatre secondes) Non... je ne répondrai pas à ça.