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Equipe de France: Une opération séduction plutôt ratée

Equipe de France: Une opération séduction plutôt ratée

FOOTEncore une fois, les Bleus ont manqué l'occasion d'apaiser les tensions, en évitant de rencontrer Rama Yade, en visite à Knysna...
Romain Scotto, à Knysna

Romain Scotto, à Knysna

De notre envoyé spécial à Knysna (Afrique du sud),

Cela aurait dû être l'une de ces journées paisibles d'après-match, où le repas succède à l'entraînement matinal. De retour dans leur forteresse hôtelière de Knysna, les Bleus avaient même prévu de s'ouvrir pour la première fois à la population locale, dans le township de Dam Se Bos. Une incitative louable, pour une équipe en déficit d'image. Mais il a suffi d'une petite phrase d'Eric Abidal, en fin de matinée, pour donner une tout autre interprétation au programme. Devant les médias, le défenseur des Bleus a commenté avec franchise la venue de Rama Yade, à Knysna. La secrétaire d'Etat devait effectuer la même visite que les joueurs dans le township, où la fédération doit financer la rénovation d'un terrain. Mais ceux-ci ont tout fait pour l'éviter.

«Que Rama Yade soit là ou pas, c'est pareil, indiquait "Abi". On doit y aller et on n'y va pas dans le but de la voir.» Car dans le groupe, personne n'a digéré la sortie médiatique de la secrétaire d'Etat dimanche dernier, sur «l'indécence» de l'hôtel Pezula. Les joueurs n'ont apprécié ni la teneur, ne le timing de tels propos. A la veille d'une Coupe du monde, ils n'avaient, selon eux, pas du tout besoin de cela.

Pas d'entraînement décalé

En début d'après-midi, ils sont donc restés une petite demi-heure sur un terrain cabossé situé au coeur du bidonville. Dans le vent et le froid, ils ont juste eu le temps de distribuer quelques cartes et serrer des mains. Puis ils ont plié bagage et rejoint leur hôtel pour une deuxième séance d'entraînement, prévue à 15h15. A quelque chose prêt, l'heure d'arrivée de Rama Yade à Knysna. Tout sauf un hasard.

En terme d'image, les joueurs auraient sûrement eu intérêt de ne pas mettre un lapin à un représentant de l'Etat, histoire de faire profil bas après le 0-0 du premier match. Malaimés des Français, ils ont réduit eux-mêmes à néant l'effet de leur opération séduction. S'ils avaient voulu rencontrer Rama Yade, ils auraient très bien pu déplacer l'entraînement de l’après-midi, comme cela s'est déjà fait ces jours-ci. Mais Jean-Pierre Escalettes, qui a toujours les mots de sa ministre de tutelle en travers de la gorge, «n'a pas voulu le faire, parce que le moment n'est pas venu de lever certains quiproquos et malentendus.»

«Il faut savoir choisir ses priorités»

Avant quitter la baie de Knysna, lundi dans la matinée, la secrétaire d'Etat ne croisera donc pas les joueurs. Jusqu'à dimanche soir, aucune démarche en ce sens n'a été entreprise par le staff des Bleus. L'intéressée, qui assistera au prochain match face au Mexique à Polokwane, n'a pas souhaité s'épancher sur le sujet. «J'essaye de prendre un peu de recul, tout simplement. Mon message, c'est celui d'un encouragement sincère.» Le moment venu, «tout s'apaisera», enchaîne le président de la fédération. Il faut savoir choisir ses priorités.» En l'occurrence, il ne s'agit pas tout de suite de faire la paix.