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Coupe du monde: Gourcuff et Anelka pas faits pour s'entendre?

Coupe du monde: Gourcuff et Anelka pas faits pour s'entendre?

FOOTEntre les deux hommes, le courant ne semble pas passer. Sur le terrain comme en dehors...
Romain Scotto, au Cap

Romain Scotto, au Cap

De notre envoyé spécial au Cap (Afrique du sud),

Après la touillette de Laurent Blanc et le chewing-gum d’Alex Ferguson, voici, le bonbon à la cerise de Yoann Gourcuff. Coincé sous le palet, il n’empêche en rien le milieu de terrain de décortiquer le jeu des Bleus avec une exquise précision. Vendredi soir, juste après le nul concédé face à l’Uruguay (0-0), il avait déjà tout analysé, dans les sous-sols encore en chantier du Green Point stadium, au Cap. Le manque de disponibilité autour du porteur du ballon, l’absence de mouvements vers l’avant, la raréfaction des passes. Tout y est.

Dans sa position de meneur, le Bordelais a passé une sale soirée. Jamais il n’est parvenu à lancer Nicolas Anelka, le buteur des Bleus. La réciproque est encore plus vraie. Quand l’attaquant déborde, il oublie régulièrement son coéquipier. Sur le terrain, cela se traduit par des cris, forcément couverts par les vuvuzelas, et de larges signes de bras. Même Abou Diaby a reconnu des problèmes de communication entre le milieu et l’attaque. Pour Eric Abidal, il n'y a pas lieu de lancer une polémique du type Henry - Zidane, deux joueurs, qui avaient aussi beaucoup de mal à se trouver. «Non, mais ça c’est rien, calme le jeune "Yo". Il faut essayer de trouver des automatismes, à travers les passes, pour déstabiliser l‘équipe adverse. Il nous a manqué du mouvement.»

Domenech: «C’est une interprétation»

La réponse est policée mais elle cache un réel problème. Entre Anelka et Gourcuff, le courant ne passe pas. En dehors du terrain d’abord, où le timide Gourcuff semble parfois en marge du groupe, boudé par certains cadres. Jérémy Toulalan reconnaissait cette semaine qu’il n’était pas nécessaire d’être les meilleurs amis du monde, «tant qu’on arrive à bien jouer ensemble sur le terrain». Seulement ce n’est pas le cas, loin de là.

Raymond Domenech ne nie pas les balbutiements de son attaque, mais refuse de parler d’une incompatibilité entre Gourcuff et Anelka. «C’est une interprétation, je ne suis pas de cet avis-là. C’est l’Uruguay qui a bien coupé la relation attaque-milieu. Donc, ça vient aussi de l'adversaire, il n'y a aucune raison occulte derrière cette situation de match.» Ou alors, il ne la communiquera pas. Il ne serait pourtant pas étonnant de voir l’un des deux joueurs quitter le onze de départ, jeudi face au Mexique. Au sélectionneur d’éliminer celui qu’il juge le moins indispensable. Dans cet exercice, il a déjà montré face à l’Uruguay ce dont il était capable.