Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Oliver Panis: «La F1, c'est un peu une petite secte»

Oliver Panis: «La F1, c'est un peu une petite secte»

AUTOL'ancien pilote de Formule 1 est très heureux de sa reconversion en course d’endurance...
Propos recueillis par Matthieu Payen

Propos recueillis par Matthieu Payen

Olivier Panis n’a toujours pas quitté sa combinaison de pilote. Mais loin des feux de la F1, il a apprivoisé le monde plus tranquille de l’endurance. Pour la troisième année consécutive, il s’attaque aux 24 Heures du Mans. Avec ce coup-ci, de grandes ambitions au volant d'une Peugeot 908.

Votre équipe ORECA vise haut cette année. Pour vous, quel est l'objectif?
Je n’aime pas trop parler de résultats avant la course, mais je dirais qu’un podium, ce serait super. Il y a quatre Peugeot et trois Audi qui, sauf catastrophe, vont se battre pour la gagne, donc la course sera dure, tendue.

Justement, quelles sont points forts par rapport aux autres?
Notre équipe est homogène avec trois pilotes rapides. Et puis, nous avons l’expérience de l’an dernier où l’on réalise un très beau Le Mans, sans faire d’erreur.

Vous ne faites pas d'erreur, mais vous terminez cinquièmes…
Oui, c’est tout le problème. On nous dit que l’ACO [Automobile Club de l’Ouest, qui fait la réglementation des 24 Heures du Mans] fait tout ce qu’il faut pour l’équité, mais on nous prend pour des imbéciles. Les règles favorisent largement les moteurs diesel. Cette année, nous tournons en 3’21 par tour alors que l’an dernier nous tournions en 3’33.

Avoir une voiture pouvant jouer la gagne était important pour vous?
Oui, sans faire de chantage à personne, c’est quand même plus agréable et c’est une vraie chance que Hugues [de Chaunac, le patron d’ORECA] me propose la Peugeot, la voiture qui a gagné l’an passé. Ca ne me gène pas de prendre des risques sur les 24 Heures du Mans, mais si c’est pour être à plus de 10 secondes par tour des premiers, ça ne m’intéresse pas.

C'est votre côté compétiteur d’ancien pilote de Formule 1. D'ailleurs, comment s’est fait la transition entre les deux?
Pas si naturellement. Contractuellement, je n’avais pas le droit de participer aux 24 Heures du Mans tant que j’étais en F1. Donc, c’était une course que je voyais de loin. J’en avais une image assez confuse avec toutes ces catégories, ces voitures qui vont beaucoup plus vite que les autres. C’était plus compliqué qu’en F1 où tout le monde se tire la bourre et où les écarts sont plus faibles. Mais en 2007, j’ai pris une année sabbatique et j’ai eu la chance de commenter les 24 Heures du Mans pour une chaîne de télévision. Et j’ai adoré. L’ambiance, les spectateurs, toute cette vie pendant quatre jours. Je me suis régalé et j’ai voulu participer.

L'atmosphère est si différente que ça par rapport à la F1?
Oui. Bon, je ne critiquerai pas la Formule parce que c’est toute ma vie, mais c’est un peu une petite secte. Tu vis avec 500 personnes pendant des années. Là, c’est beaucoup plus ouvert. Le public visite les paddocks, les gens changent. Bref, c’est mieux pour tout le monde. Rester enfermer toute la journée dans son motor-home, ce n’est pas non plus une partie de plaisir.

On continue sur la comparaison entre les deux univers. Au niveau des sensations, ça n’a rien à voir, si?
Ca dépend. Dans les courbes rapides, on retrouve au volant de la Peugeot de bonnes similitudes avec la F1. En revanche, ce qui pénalise la voiture d’endurance, c’est qu’elle est presque deux fois plus lourde qu’une F1. Donc, c’est plus pataud, les changements de direction sont plus lents. Je pense qu’entre une F1 et une Peugeot, il doit y avoir 8 ou 9 secondes de différence au tour.

Pour la gestion de l’effort, l’adaptation n’a pas été trop difficile?
Non. L’effort est un peu plus long en endurance, mais la vraie différence se situe en phase de récupération. Après avoir roulé, il faut débriefer, manger, passer sous la douche, se faire masser et seulement ensuite essayer de dormir. L’année dernière, j’étais bourré d’adrénaline et je n’ai pas réussi à fermer l’œil. Mais peut-être que cette année, j’y arriverai.

Si vous remportez les 24h du Mans, il ne vous restera plus qu’à gagner les 500 Miles d’Indianapolis pour accomplir le Grand Chelem Le Mans-Monaco-Indianapolis…
(il sourit). Non, sans plaisanterie, je pense que je suis trop vieux. Ca voudrait dire de repartir pour 4-5 ans avant de pouvoir faire quelque chose. Je vais avoir 44 ans et il y a un moment où il faut arrêter les conneries. Ce serait déjà magique de réussir le doublé Monaco-Le Mans.