Rémi Pauriol: «Si c'est vrai, il y a beaucoup de monde dans la confidence»

CYCLISME Le coureur de la Cofidis revient sur la rumeur du vélo électrique utilisé en compétition...

Propos recueillis par M. Go.
— 
Le coureur suisse de l'équipe Saxo Bank, Fabian Cancellara, lors de sa victoire dans Paris-Roubaix, le 11 avril 2010.
Le coureur suisse de l'équipe Saxo Bank, Fabian Cancellara, lors de sa victoire dans Paris-Roubaix, le 11 avril 2010. — REUTERS

Professionnel depuis 2006, Rémi Pauriol prépare le Dauphiné Libéré avant de s’attaquer au Tour de France. De retour d’un entraînement en montagne, le coureur de chez Cofidis réagit à une rumeur lancée par la Rai: certains cadors du peloton auraient déjà utilisé un vélo électrique en compétition.

>> Lire la réaction de notre blogueur Tertulia

Avez-vous déjà eu des doutes sur les vélos du peloton?

Non. Au niveau du matériel, on n’a jamais eu de soupçon jusqu’à cette rumeur. On parle souvent de possible «préparation» (dopage, ndlr)  mais jamais des vélos. Ce week-end, on en a parlé, on a regardé le reportage de la Rai sur Youtube. Cela nous paraît gros. Si c’est vrai, toute l’équipe est fautive car une seule personne ne peut pas mettre en place ce genre de tricherie.
 
Pourquoi?
Si c’est vrai, il y a forcément des mécaniciens au courant, des préparateurs.  Sur chaque course, tout le personnel de l’équipe, les mécano, les directeurs sportifs, les kinés, manipulent les vélos: pour les mettre sur les galeries de voitures, pour les mettre dans les zones techniques, etc. En soulevant un vélo de 3-4 kilos de plus (un vélo truqué pèserait jusqu’à 11 kilos, ndlr), ça choquerait. N’importe quel initié s’en rendrait compte. En fait, ça me paraît quelque chose de très gros à mettre en place car il faut mettre beaucoup de monde dans la confidence.
 
Vos vélos ne sont-ils pas contrôlés avant le départ?
En général, ils sont surveillés avant les étapes de montagne et les contre-la-montre car on ne peut pas trop les alléger. Il est interdit de les descendre en dessous de 6,8 kilos, alors que l’on pourrait théoriquement aller jusqu’à 5 kilos. Même certains vélos de cyclotouristes sont plus légers que les nôtres. Sur une balance, un vélo de course pèse au maximum 7, 5 kilos. Si les autorités viennent à contrôler un vélo qui pèse 10-11 kilos, ça va forcément les choquer.  

Un vélo plus lourd aurait donc été repéré ?

Oui mais les vélos ne passent pas forcément sur la balance. Ce sont des contrôles au hasard qui ont souvent lieu sur les étapes de montagne du Tour de France ou du Dauphiné Libéré. Pas forcément sur le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix.
 
 Et l’intérieur du vélo est-il examiné?

Non. Il n’y a pas de scanners pour vérifier s’il y a un moteur dans les tubes du vélo. Je viens d’entendre dire que l’UCI prenait cette affaire très au sérieux et mettrait bientôt en place une machine pour scanner les vélos.