J.Lau.
L'essentiel
- L'équipe de France de judo a terminé ce dimanche à une décevante 7e place lors de l'épreuve par équipes mixte des Championnats du monde à Bakou (Azerbaïdjan).
- Après une semaine extrêmement décevante sur ces Mondiaux 2026 (deux médailles d'argent et deux en bronze après les épreuves individuelles), les Bleus ont lâché lors du combat décisif ce dimanche (3-4), à la fois en quart de finale contre la Russie et lors des repêchages face à la Géorgie.
- Le judoka français Aleksa Mitrovic (-90 kg) s'est montré extrêmement malheureux, puisqu'il a été tiré au sort pour ces deux tournants perdus. Pire encore, il s'est incliné à deux reprises contre le Géorgien Lasha Bekauri en repêchages, alors que ce dernier s'était pourtant blessé au genou droit dès le début de leur premier combat. Un scénario dingue qui a coûté une possible médaille de bronze à l'équipe de France.
On a beau se régaler en articles fiction WTF, ayons la modestie d’assumer que même 20 Minutes n’aurait pas su écrire un tel scénario de lose pour l’équipe de France de judo, ce dimanche en clôture de Championnats du monde assez catastrophiques. Les Bleus avaient beau n’avoir obtenu jusque-là que quatre médailles (Kaïla Issoufi et Romane Dicko en argent, Shirine Boukli et Dayyan Boulemtafes en bronze), on ne pouvait s’empêcher de croire en un sacre sur le gong de ces Mondiaux, grâce à cette épreuve par équipes mixte qui avait tant fait chavirer la France lors des JO de Paris 2024.
Sauf qu’il n’y avait pas cette fois un Teddy Riner monstrueux (forfait sur blessure) ni même Joan-Benjamin Gaba et Clarisse Agbegnenou (non retenus pour l’épreuve collective), tous décisifs en finale des derniers Jeux pour renverser le Japon en finale (de 1-3 à 4-3). De là à imaginer les Bleus ne finir qu’à la 7e place… Le malheureux Aleksa Mitrovic (-90 kg) symbolisera mieux que quiconque cette énième désillusion dans le camp tricolore, qui visait a minima « quatre médailles d’or » durant cette semaine à Bakou (Azerbaïdjan).
Boulemtafes et Emé avaient mis les Bleus devant
Le judoka de 24 ans, battu en quarts puis en repêchages jeudi lors de l’épreuve individuelle, a remis ça ce dimanche, en s’inclinant d’abord contre le Russe Mansur Lorsanov lors du combat décisif d’un quart de finale haletant (3-4). Puis Aleksa Mitrovic a dû se coltiner le double champion olympique en titre des moins de 90 kg, le Géorgien Lasha Bekauri.
Alors qu’il a lui-même été victime de sept opérations des genoux dans sa carrière, le jeune Français a vu son adversaire se blesser au genou droit dès la première action de leur combat, à 2-0 après les succès de Dayyan Boulemtafes et de Clémence Emé. Un scénario idéal, bien que douloureux, pour foncer vers un succès 3-0 et un combat à venir pour le bronze face à la Chine. Sauf que Lasha Bekauri, héroïque, s’est arraché pour l’emporter, en grimaçant et en se tenant le genou droit à deux mains durant tout le combat.
« Quasiment inhumain d’aller lui péter la jambe »
Et figurez-vous qu’à la fameuse roulette, à 3-3, c'est ce même combat des -90 kg qui a été tiré au sort. Et là, rebelote : bien que littéralement sur une jambe, au bout de la douleur, Lasha Bekauri vient à bout d’un Aleksa Mitrovic sonné, avant de quitter la salle en étant porté par ses coéquipiers. Mais comment est-ce donc possible de s’incliner de la sorte, et à deux reprises, contre un adversaire à ce point diminué ?
« Je ne sais pas quoi dire, a d’abord glissé le Français en zone d’interview. Je n’ai pas assuré. C’est du sport mais, pour moi, c’est quasiment inhumain d’aller lui péter la jambe. A l’inverse, je sais que lui n’aurait pas hésité… Je n’ai pas été à la hauteur. Je m’excuse au nom de l’équipe. » Et son entraîneur Daniel Fernandes n’a pas caché sa frustration vis-à-vis de ce (trop ?) grand fair-play dont a fait preuve Mitrovic durant ses deux derniers combats.
« Il faut intégrer que le judo est un sport de combat. S’il a été trop gentil, c’est une erreur de sa part. C’est rageant car ça s’est passé de la même façon sur le premier combat et sur le combat en or. Ce n’est pas ne pas respecter l’adversaire que d’aller dans sa zone de faiblesse. S’il veut passer un cap, il faut de l’intransigeance », a ainsi lancé le responsable du groupe France, qui avait, d’après RMC, conseillé à Mitrovic de balayer la jambe droite blessée de Bekauri, tout en gardant ses distances pour éviter de permettre à son adversaire de placer sa hanche. Un conseil qu’Aleksa Mitrovic n’a donc pas du tout suivi, car celui-ci était « quasiment inhumain » selon ses dires.