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De 120 kg au semi-marathon de Lyon, « un an de combats » pour Enzo

« Cette course, c’est un an de combats »… De 120 kg au semi-marathon de Lyon, comment Enzo a tout changé dans sa vie

PORTRAIT•Il y a un an, Enzo, 31 ans, ne courait plus depuis dix ans, fumait deux paquets par jour et était en surpoids. Dimanche, ce Lyonnais des Monts d'Or s’alignera au départ du semi-marathon de la Run in Lyon
Elise Martin

Elise Martin

L'essentiel

  • Enzo, 31 ans, habitant des Monts d'Or, s’est mis à la course à pied il y a un an après avoir abandonné le sport pendant une décennie, motivé par son 30e anniversaire et son désir de perdre du poids.
  • Dimanche, il va courir son premier semi-marathon à Lyon avec près de 36.000 participants.
  • Ce trentenaire raconte à 20 Minutes son parcours, son histoire et ses prochaines ambitions.

«Si on m’avait dit que j’allais courir un semi-marathon un jour, je ne l’aurais jamais cru. Même les gens que je n’ai pas vus depuis longtemps ne me croient pas quand je leur dis que je cours. » Enzo, 31 ans, habite dans les Monts d'Or. Après avoir abandonné le sport depuis une dizaine d’années pour se consacrer à son travail dans le bâtiment, très prenant, il va courir dimanche 21,1 km dans les rues de Lyon, comme 36.000 autres participants. « Avant, je n’aimais pas les gens qui couraient, sourit-il. Aujourd’hui, je ne dirai pas que c’est une passion mais oui, j’ai été piqué par la hype de la course à pied. »

Enzo va courir le semi de la Run in Lyon ce dimanche.
Enzo va courir le semi de la Run in Lyon ce dimanche. - E.R

Le trentenaire s’est mis à la course à pied il y a pile un an. « Après la Run in Lyon 2025, j’ai déjeuné avec mes cousins qui venaient de faire la course. Le soir même, j’ai commencé à regarder des vidéos et je me suis décidé. Je leur ai envoyé un message pour dire que l’année prochaine, je la faisais avec eux », se souvient-il avec fierté.

Sa motivation est venue « d’un tout ». « C’était le moment », résume-t-il. Il venait d’avoir 30 ans et voulait perdre du poids. « J’en avais marre, je faisais un poids horrible - 119 kg –, ça devenait même compliqué pour ma santé. Il fallait que je fasse quelque chose et j’avais un entourage prêt à m’aider pour atteindre mes objectifs », indique-t-il. Un cousin médecin, un ami coach, une amie diététicienne, et tout un groupe déjà coureur. « J’ai donc eu un programme adapté à ma morphologie, pensé sur un an pour arriver à faire ce semi-marathon, explique-t-il. Et comme mes proches sont investis, ils m’ont motivé tout au long de l’année et accompagné dans mon projet. »

Une vie transformée

Le changement ne s’arrête pas aux baskets. « Il a fallu que je change complètement mes habitudes de vie, développe-t-il. J’ai dû arrêter de fumer alors que pendant dix ans, j’enchaînais deux paquets par jour. Et alors que j’étais quelqu’un qui aimait faire la fête, j’ai drastiquement réduit ma consommation d’alcool et je rentre beaucoup plus tôt parce que je sais que le lendemain matin, je dois aller courir. »

Au début, Enzo a commencé par deux sorties par semaine et alternait la marche et la course. Son programme impose désormais quatre à cinq entraînements hebdomadaires. Il a déjà couru deux courses chronométrées, dont les 10 km Adidas de Paris en moins d’1h10. « Une fierté », lance-t-il.

capture d'écran
capture d'écran - E.R

Malgré un plan d’entraînement adapté, sa participation aux courses cet été a laissé des séquelles. « Je me suis fait une fracture de fatigue et une périostite », lâche-t-il. Une blessure qui remet en cause son objectif de boucler le semi en deux heures, mais pas sa participation. « La douleur m’a empêché de poursuivre correctement mon programme mais elle ne m’empêchera pas d’aller au bout. Ça fait un an que j’attends ça, un an que je me prépare », assure-t-il.

Pour soulager ses tibias, Enzo s’est mis à l’Hyrox, à la salle de Crossfit de Genas. « Ça me permet de continuer à renforcer mon corps même si je fais un peu moins de sorties. » Comme pour la course à pied, son avis a changé sur la discipline depuis qu’il s’y est mis. « Maintenant, j’adore y aller », lance-t-il en souriant.

Matériel, hydratation…

Le trentenaire a aussi dû s’équiper. « Je pensais que ça ne coûtait pas cher, j’ai été bien surpris », glisse-t-il. À commencer par les chaussures. « Comme je faisais près de 120 kg, avoir des très bonnes baskets était super important, et trouver des modèles pensés exprès pour les personnes fortes, ça a été compliqué au début, développe-t-il. Puis, on conseille de faire jusqu’à 800 km avec une paire mais pour moi, au bout de 150 km, elles étaient mortes. Avec le poids, tu les bousilles très vite. »

Il ajoute : « C’était aussi galère de trouver des habits à ma taille. Surtout que j’ai changé plusieurs fois de matériel au fur et à mesure de l’année, parce que mon corps a évolué. Donc finalement, ça m’est revenu très cher. » Il en est à son troisième gilet, sa deuxième montre, et sa cinquième paire de chaussures.

Enzo a effectué deux courses dans l'année pour se rapprocher de son objectif du semi à Lyon.
Enzo a effectué deux courses dans l'année pour se rapprocher de son objectif du semi à Lyon.  - E.R

Enzo raconte qu’il a aussi dû travailler sa posture. « Il ne fallait pas que je pose mes pieds à plat pour éviter d’avoir des douleurs et préserver mes genoux. » L’hydratation, elle aussi, demande de l’attention. « Quand je cours, je dois boire énormément car je perds beaucoup d’eau. Pour un 5 km, c’est au minimum 1 L. » Reste le cœur. « Si je me donne, je monte facilement à 180 BPM et je peux dépasser les 200. Donc je dois être vigilant ».

La dernière ligne droite

Au-delà du physique, la course lui apporte un équilibre. « Je ne m’attendais pas à ce que ça me fasse autant de bien, ça me vide la tête, affirme-t-il. En plus, quand on a des objectifs et qu’on réussit à les atteindre, c’est galvanisant. Et quand on part de zéro, on fait toujours mieux. »

A quelques jours de son premier semi-marathon, Enzo se sent « un peu stressé », n’ayant « jamais couru autant », le max étant 13 km. « C’est le premier donc c’est toujours un peu stressant. Mais toute ma famille sera là, je serai accompagné de ma super équipe. Et puis, je suis d’ici donc c’est symbolique de le faire à Lyon. »

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Pour le jeune homme, « cette course, ça représente un an de combats, entre le poids et les blessures. J’ai envie de prouver à moi-même, mais aussi à tous ceux qui pensaient que je n’y arriverais pas ou que j’allais abandonner, que je peux le faire. » Le trentenaire ne s’arrêtera pas là. Après la Run in Lyon, il a pour projet de courir un marathon dans un an. « Et l’objectif final, c’est la SaintéLyon, un jour ».