Vis ma vie d'arbitre de chaise avec Pascal Maria

ROLAND-GARROS 2010 Pascal Maria raconte le quotidien des arbitres du tournoi..

Matthieu Goar à Roland-Garros

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Pascal Maria (à gauche) lors d'un match de Coupe Davis, en décembre 2009.
Pascal Maria (à gauche) lors d'un match de Coupe Davis, en décembre 2009. — Sipa

De notre envoyé spécial à Roland-Garros

Ils sont plus nombreux que les joueurs. 270 juges de ligne et 50 arbitres de chaise officient à Roland-Garros cette année. Parmi eux, les badges d’or, un échelon qui désigne les stars de la profession. Des globe-trotters qui mènent une vie similaires à celles des joueurs. «On va au travail en avion», sourit Pascal Maria, quatre finales arbitrées Porte d’Auteuil. Sans contestation, le meilleur bilan d’un Français ici depuis Noah. «Bien sûr, il y a Wimbledon. La finale entre Nadal et Federer, celle-là on ne me l’enlèvera pas. Mais arbitrer en France, à la maison, reste merveilleux.»

Un café à la main en attendant le soleil, Pascal Maria, en tenue officielle, raconte le stress. «Une heure avant un match, je rentre dans ma bulle, je m’isole dans le bureau des juges-arbitres, je vais 25 fois au toilettes, je stresse», explique le plus connu des arbitres français, sérieux mais pas maniaque comme Nadal. «Il y a des arbitres qui font le tirage au sort avec la même pièce depuis des années. Bon, j’ai quand même une routine...» Tirage au sort toujours du même côté du filet, pas de café avant le match, attente des joueurs dans le fond du court. «Pour leur laisser les honneurs.»

Des relations spéciales

Reste à gérer plusieurs heures de concentration extrême. «Je mets trois points à évacuer la pression et à être dans le match.» De petits tracas. «Au début, j’avais du mal à parler en même temps que mon écho. » Et surtout des moments de contestation comme sur cette vidéo lors d’un échange musclé avec Safin. «Depuis quelques années, on privilégie l’arbitrage dynamique en demandant aux arbitres de descendre de leur chaise, de parler», détaille Franck Sabatier, chef des arbitres. Descendre de sa chaise aurait-il été efficace avec un McEnroe? «Les joueurs modernes n’ont pas moins de caractère mais nous avons plus d’outils pour les gérer.»

Des moments tendus qui ne gâchent pas le plaisir. «Il y a quelques jours, je parlais de nos sentiments communs avec deux arbitres de foot. Eux ont beaucoup de mal à apprécier le match jusqu’au coup de sifflet final. Moi, j’ai la meilleure place sur le terrain. J’espère toujours que ça va être un match serré», détaille Maria qui a arbitré en 2003 la rencontre entre Roddick et le Marocain Younès El Aynaoui. 21-19 au 5e set pour l’Américain. «Un sacré moment.», poursuit Maria, décidément une figure du circuit. «Il y a forcément des relations qui se créent avec les joueurs. Avec Nadal par exemple. J’ai arbitré sa première victoire à Roland, sa première à l’Open d’Australie et sa première à Wimbledon...» Forcément.