Pascal le grand frère: «Avec moi, il n'y aurait pas de Zahia par-ci, Zahia par-là»
INTERVIEW•Avec l'éducateur de TF1, les Bleus fileraient droit...Propos recueillis par Romain Scotto
Sur Facebook, le groupe «Pour que Pascal le grand frère vienne recadrer l’équipe de France» compte déjà une belle petite colonie de fans (1.206 membres). L’éducateur de TF1, spécialiste du redressement d'ados rebelles, préfère les arts martiaux au football. Mais il saurait s’y prendre pour mettre un peu d’ordre au sein de l’équipe de France. Même Guy Roux n’est pas allé jusque là...
Pensez-vous que l’équipe de France a besoin d’un grand frère?
Oui je pense. J’ai vu sur Facebook que les gens se mobilisent pour que je remplace Domenech. Mais moi je ne serais pas tendre. Avec moi, c’est entraînement, entraînement. Il n’y aurait pas de trucs à l’hôtel avec des Zahia par-ci, Zahia par là. Je vous le dit tout de suite. Il y a trop de libertés.
L’affaire Zahia vous a marquée. Comment en parlez-vous avec les jeunes?
Ça c’est du buzz. Moi je pense que les anciens ont fait pire, et on n’en a jamais parlé. Les nouveaux, ce n’est pas mieux. Malheureusement, cela a noirci l’image de l’équipe de France. Ce n’est pas un exemple pour la jeunesse. Mais c’est bizarre cette affaire. Moi je trouve étonnant qu’on n’en parle que maintenant, quand arrive la Coupe du monde. Pourquoi n’en a-t-on pas parlé avant? Zahia arrive, superbe femme, refaite. Enfin, si elle est refaite, pour moi elle n’est pas superbe.
Pour vous, les footballeurs peuvent-ils être des exemples pour la jeunesse?
J’ai vu récemment une émission avec Thierry Roland qui disait qu’effectivement, aujourd’hui, les joueurs de l’équipe de France, quand ils arrivent quelque part, ils n’ont même pas une once de respect envers les personnes qui viennent les encourager. Quand ils descendent du bus, ils ont une paire de lunettes noires, ils ne se retournent même pas s’il y a des gamins qui attendent là depuis trois heures. Je trouve que ce n’est pas normal. Peut-être que l’argent y est pour quelques chose. Il ne faut pas oublier d’où on vient et certains ont oublié d’où ils venaient.
C’est une question d’argent, selon vous?
L’argent pourrit les gens. Est ce qu’un jeune peut se payer une Ferrari? Non. Je me demande comment un jeune peut s’identifier à quelqu’un qui a beaucoup d’argent. Ça peut donner une ambition et c’est positif, je suis d’accord avec ça. Mais certains réussissent avec la mauvaise manière, du deal, et tout ce qu’on connait. Ils peuvent s‘acheter une Ferrari, mais pas honorablement.
Mais le sport permet aussi de transmettre des valeurs…
Je suis d’accord, et c’est ce que je fais. Le travail d’équipe, les règles, la cohésion. En équipe de France, on ne le voit pas tout ça. On les voit faire de la pub et ils sont très bons pour ça. Mais c’est sur le terrain qu’il faut être meilleur. Aujourd’hui, sans leur manquer de respect je leur dirais «les gars, on vous attend au tournant, il faut gagner la Coupe du monde.» Avec leur entraîneur je ne sais pas s’ils peuvent le faire. Ils sont tous très bons dans différents clubs, donc on peut avoir une belle équipe. Si on arrive à gagner deux trois matchs, ce serait déjà pas mal.
Il y a quand même bien dans cette équipe un joueur qui pourrait faire office de modèle, non?
Il ne fait plus partie de l’équipe, c’est Zidane. Même s’il a mis un coup de tête en finale, c’était légitime. On ne peut pas se laisser insulter. Moi aussi je ne supporte pas qu’on m’insulte. Zidane, c’était l’exemple.
Donc Pascal le grand frère excuse Zidane pour son coup de tête sur Materazzi?
On l’a taquiné, c’était sa fin de carrière. Malheureusement, il a fallu qu’il abîme son image par ce coup de tête. Mais je peux comprendre que quand on se fait insulter pendant 90 minutes, les nerfs lâchent. Ce n’est pas excusable, mais c’est fait, on ne peut pas l’effacer. Il ne faut pas garder ce côté-là de Zidane. Laissons passer. Un coup de tête, ce n’est rien. Souvenez-vous de tout ce qu’il a fait dans les années passées.



















