Ben Spies: «Si je ne suis pas devant, ce n'est pas la fin du monde»
MOTO•L'Américain a dû apprendre à modérer ses ambitions en MotoGP...Propos recueillis par Matthieu Payen
Non, il n’y a pas que Valentino Rossi, Jorge Lorenzo, Dani Pedrosa et Casey Stoner en MotoGP. Derrière les «4 Fantastiques», une dizaine de pilotes se disputent les places d’honneur. Et parmi eux, l’Américain Ben Spies, néophyte dans la discipline reine de la moto, mais champion du monde dans la compétition moins prestigieuse de Superbike. Un changement pas évident à gérer.
Dimanche, vous disputez le Monster Energy Grand Prix de France au Mans. Vous connaissez le circuit?
Non, je n’ai jamais roulé dessus puisque je débute en MotoGP. Bon, j’ai vu les 24-Heures du Mans à la télévision, mais le parcours est différent pour les motos. Je sais aussi que ce Grand Prix est particulièrement important pour mon équipe Monster Yamaha Tech 3 parce qu’elle est basée en France.
Un Texan dans une équipe française, c’est le choc des cultures, non?
Oui, en plus mon coéquipier Collin Edwards est aussi Texan. C’est sûr que les deux cultures sont très différentes, mais c’est un bon mélange. L’ambiance est excellente.
Vous le disiez, c’est votre première année en MotoGP et vous occupez la neuvième place au championnat des pilotes. Vous apprenez vite…
Oui, j’ai fait un bon début de saison. Evidemment ce n’est pas aussi bon que quand j’étais en Superbike [il a été champion du monde en 2009, Ndlr]. Mais bon, les motos sont différentes, les circuits aussi. Donc, je vais être patient et attendre de faire mieux. Pour cette première année, je vise le top-10 et, jusque là, j’y arrive.
Être en compétition avec Valentino Rossi, Jorge Lorenzo ou Dani Pedrosa qui font toujours course en tête, n’est-ce pas frustrant?
Non, ce sont les meilleurs pilotes du monde. Moi, j’apprends, je change ma façon de piloter parce que le niveau est beaucoup plus élevé que ce que j’ai connu jusqu’à présent. Donc si je ne suis pas devant, ce n’est pas la fin du monde.
Quelle est la principale différence entre le Superbike et le MotoGP?
Beaucoup de gens me posent cette question, mais c’est difficile de répondre. Les deux n’ont rien à voir. Les motos sont différentes, les pneus sont différents, la compétition aussi. On peut dire que le MotoGP est plus international et il y a plus d’argent en jeu.
Vous courez sur Yamaha, donc vous disposez donc des mêmes motos que Rossi et Lorenzo, non?
Ce n’est pas exactement pareil. La Yamaha Monster Tech 3 Team est une équipe «client», alors que Rossi et Lorenzo sont dans une équipe «usine». Ce qui veut dire qu’ils bénéficient des tout derniers développements. Mais ce qui fait réellement la différence, c’est qu’ils sont très bons!
Comment expliquez-vous qu’il y ait tant d’Italiens et d’Espagnols en MotoGP?
Je pense que c’est culturel. Comme pour le football. Dans ces pays-là, les gamins suivent les courses quand ils sont petits. Certains deviennent des pilotes, les autres des fans. A l’inverse, aux Etats-Unis, la moto n’est pas très reconnue par rapport à d’autres sports.
Pourquoi vous surnomme-t-on «Elbowz»?
En fait, j’ai de nombreux surnoms. Celui-là, je l’ai eu à cause de ma façon de piloter avec mes coudes [“elbow” signifie coude en anglais, Ndlr] écartés. Parfois, il m’est même arrivé de toucher le sol avec, mais je vous rassure, j’essaie de ne pas trop le faire (rire).



















