Un Phelps en or à Paris
NATATION•L'Open EDF s'est payé les services de la star de la natation...Matthieu Payen
Alain Bernard, Michael Phelps, Frederick Bousquet, Amaury Leveaux et César Cielo alignés sur 100 mètres. Une course de rêve qui devrait avoir lieu lors de l’Open EDF, qui se déroulera les 26-27 juin sur le site de la Croix-Catelan. Mais une course qui a un prix. Pour faire venir Phelps, l’organisation n’a pas lésiné sur les moyens. Facture: 100.000 euros. «Cela comprend le voyage et le logement du nageur, de son staff et de sa famille, ainsi qu’un stage à Vichy», précise Louis-Frédéric Doyez, directeur général de Nat’Event Organisation (NEO). A ce prix, il faut ajouter les 20.000 euros nécessaires pour faire venir César Cielo du Brésil.
Evidemment, comparé aux 250.000 euros que prend Usain Bolt pour s’aligner sur la ligne droite du meeting Areva d’athlétisme, c’est peu de chose. Mais dans le monde de la natation, cette affaire pourrait faire du bruit. «Je n’ai jamais entendu parler d’un nageur payé pour participer à un meeting, assure Alain Bernard qui, comme les autres nageurs français, est obligé de venir. Personnellement, on m’a fait une fois une proposition pour nager au Mexique, mais j’ai refusé, j’avais d’autres choses à faire.» La pilule est d’autant plus difficile à avaler que pour se payer l’homme aux 14 titres olympiques, l’organisation a diminué de moitié les primes à la performance.
Phelps sur 100 mètres?
Pourtant, Alain Bernard ne veut pas polémiquer. Peut-être parce qu’il est sous contrat avec EDF. Mais aussi parce qu’il voit plus loin. «La France n’a pas organisé de grandes compétitions internationales depuis 1989 [en fait, depuis les championnats d’Europe en 1987] à cause d’un manque de piscines adaptées, rappelle le champion olympique de Pékin. Donc on ne va pas s’arrêter à une question de primes, alors qu’on a l’occasion de montrer au public français ce que vaut la natation française.» Une déclaration forcément appréciée par le président de la Fédération: «Avec cet Open EDF, on construit pour l’avenir», lance Francis Luyce.
L’affaire Phelps pourrait néanmoins changer certaines habitudes. «C’est évident que si les Français voient des valises de billets leur passer sous le nez, ils vont se poser des questions, admet Frédéric-Louis Doyez. La situation devrait évoluer dans les années à venir.» En attendant, l’organisation de l’Open EDF doit encore s’assurer d’un détail: la participation de Phelps au 100 mètres. «Nous avons fortement insisté dessus et il s’est engagé à nager quatre courses, mais nous n’avons pas d’assurance», reconnaît Doyez. C’est vrai que 100.000 euros pour ne pas voir le premier face-à-face Phelps-Bernard, c’est cher. Et le sprinter français a déjà prévenu en plaisantant: «Il y a de fortes chances qu’on se rencontre, mais moi, je ne nagerai pas le 200 mètres papillon.»


















