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Le président de la Fédération espagnole de football suspendu par la Fifa

Affaire Rubiales-Hermoso : Le président de la Fédération espagnole de football lâché par la Fifa

RépliqueLe président de la Fédération espagnole de football (RFEF) Luis Rubiales a été suspendu provisoirement par la Fédération internationale de football association (Fifa), peu après des accusations d’agression sexuelle
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

C’est une décision qui devrait satisfaire les joueuses de football en Espagne. Le président de la Fédération espagnole de football (RFEF) Luis Rubiales a été suspendu provisoirement par la Fédération internationale de football association (Fifa), peu après que la Fédération espagnole ait qualifié de « mensonges » les accusations portées contre lui, après l’agression sexuelle subie par Jenni Hermoso en finale du Mondial.

« Nous avons décidé aujourd’hui de suspendre provisoirement M. Luis Rubiales de toute activité liée au football au niveau national et international », a déclaré l’instance dirigeante du football mondial dans un communiqué, ajoutant que la suspension durerait au moins 90 jours, dans l’attente de l’avancée des procédures ouvertes contre l’Espagnol.

« La RFEF et le président [Luis Rubiales] vont prouver chaque mensonge publié par qui que ce soit au nom de la joueuse, ou, si c’est le cas, par la joueuse elle-même », avait indiqué plus tôt la Fédération espagnole de football (RFEF) dans un communiqué dans la nuit de vendredi à samedi, alors que Jenni Hermoso s’est dite « victime d’une agression » dans un communiqué.

Grève de l’équipe nationale féminine

« Je me suis sentie vulnérable et victime d’une agression, d’un acte impulsif et sexiste, déplacé et sans aucun consentement de ma part », a déclaré la N.10 espagnole dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux à propos du baiser imposé par son président dimanche soir lors de la remise des médailles de championnes du monde à Sydney.

La fédération a indiqué qu’elle allait « engager des procédures judiciaires » pour défendre la version de son président qui a refusé de démissionner vendredi, et qui estime que ce geste était « consenti ». Dans son communiqué, la fédération cite celui de Futpro dans lequel la joueuse affirme : « je n’ai en aucun cas cherché à soulever le président ».

La RFEF accompagne son communiqué de quatre photos pour montrer que, selon elle, « les pieds du président sont ostensiblement soulevés du sol par l’action de la joueuse » qui précède le baiser.

Grève des joueuses

Ce qui est déjà surnommé le « #MeToo du football espagnol » a connu un ultime rebondissement vendredi soir avec l’annonce d’une grève de l’équipe nationale féminine. Les 23 joueuses de l’équipe nationale d’Espagne, sacrée championne du monde dimanche en Australie, ont annoncé dans un communiqué du syndicat Futpro qu’elles refusaient de rejouer avec la Roja « si les dirigeants actuels [étaient] maintenus ». Le texte, déjà signé par 81 joueuses, reste ouvert à d’autres signatures, a précisé le syndicat. Dans le même communiqué, Jenni Hermoso a indiqué qu’elle n’avait « à aucun moment consenti à ce baiser » : « Je ne tolère pas qu’on mette en doute ma parole et encore moins que l’on invente des propos que je n’ai pas dits ».

Jeudi soir, Luis Rubiales s’est justifié en affirmant que le baiser sur la bouche qu’il avait infligé à Jenni Hermoso avait été « spontané, mutuel et consenti ». « Je ne vais pas démissionner, je ne vais pas démissionner » a-t-il lancé devant plusieurs dizaines de délégués de la RFEF, les hommes applaudissant, les femmes restant sans bouger. Luis Rubiales, qui a eu 46 ans cette semaine, s’en est aussi pris au « faux féminisme » qui « ne cherche pas la vérité ».