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Jean-Louis Triaud: «La Fédération a contribué à notre échec sportif»

Jean-Louis Triaud: «La Fédération a contribué à notre échec sportif»

FOOTBALLLe président des Girondins revient sur la saison compliquée de Bordeaux et évoque l'avenir du club...
Lauren Horky à Bordeaux

Lauren Horky à Bordeaux

Le président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud, a tiré lundi un bilan de la saison écoulée. A cette occasion, il a dressé les contours de la prochaine saison.

En terminant 6e du championnat, vous serez privé d’Europe l’an prochain…

C’est embêtant, notamment en termes d’image. J’aurais quand même souhaité jouer une compétition européenne. En revanche, jouer dix rencontres d’Europa League pour arriver en seizième de finale, le stade à partir duquel la compétition devient intéressante, cela fait beaucoup de matchs dont on se passera facilement. Au moins la saison prochaine on pourra se concentrer sur notre championnat et jouer à fond les coupes nationales, notamment la Coupe de France où l’on est toujours aussi nul. Alors oui, comme l’a dit avec élégance un autre président de club [Louis Nicollin], «Bordeaux termine 6e, à la place du con»… J’en profite pour signaler qu’ici on fête nos succès mais on ne se réjouit jamais des échecs des autres. En tout cas, on n’évite d’utiliser ce genre de terme, probablement parce qu’on a reçu une autre éducation et parce qu’on a un savoir-vivre un peu plus élégant.

Vous semblez particulièrement agacé par l’agitation médiatique autour des Girondins?

Cette fin de saison est un peu douloureuse puisque Laurent Blanc nous quitte. Vous sembliez tous convaincus de son départ mais pour moi c’était du 50/50. Je n’ai pris connaissance de sa décision qu’au cours de nos échanges dimanche matin.

Financièrement parlant, qu’attendez-vous de la fédération?

C’est une information que je vais leur réserver mais l’éventail reste très large. Je considère que celle-ci a contribué à notre échec sportif, cela représente 20 millions d’euros de perte. J’ai peur que cela soit un peu gros pour le budget de la fédération, c’est dommage. C’est une question qui est importante mais qui ne regarde que la fédération et nous.

Le temps presse pour trouver son successeur…

Il reste encore un mois et demi avant la reprise [le 18 juin] et ce qui est sûr, c’est que l’on va prendre le temps nécessaire. Des solutions, nous en aurons, nous y réfléchissons, nous allons prendre notre temps, examiner les candidatures possibles, celles que l’on nous suggère ajoutées à nos propres idées. Sans se bousculer, on va trouver son remplaçant en espérant avoir la main aussi heureuse.

Mais des joueurs à l’image de Gourcuff ou Diarra, sous contrat, peuvent manifester une envie de régler leur avenir avant la Coupe du monde?

Je pense que pour l’instant ils ne sont concentrés que sur la Coupe du monde et peu préoccupés par les questions annexes. Bien sûr, si on peut les rassurer avant, on le fera. On souhaite que ces joueurs restent au club, mais si jamais ils émettent un désir de partir, on étudiera la question. On n’a jamais retenu personne à Bordeaux.

Quel genre d’entraîneur recherchez-vous pour prendre sa succession?

C’est facile, nos critères de sélection sont les suivants : compétent, talentueux, sympathique…

Gratuit?

Pas forcément, on est prêt à payer une indemnité de déplacement pour le faire venir jusqu’à Bordeaux. Ce que je peux vous dire, c’est que je n’ai pas de cible privilégiée à l’heure actuelle et que le spectre de recherche va bien au-delà de ceux qui connaissent déjà la maison bordelaise. Si c’était le cas, Laurent Blanc ne serait jamais venu. On a du temps, un effectif en place, il n’y a pas de raison d’être inquiet pour choisir un entraîneur.

Y a-t-il une obligation de standing vis-à-vis de votre actionnaire?

Il faut quelqu’un à l’image de Bordeaux, ce serait mieux. Mais on n’est pas obligé de faire dans le clinquant. On n’a peur de rien. Si on est convaincu qu’un entraîneur qui n’a jamais joué au-delà de la DH et entraîne en CFA2 aujourd’hui arrive à nous convaincre, on pourra le prendre aussi. On n’écarte rien. Il est bien d’avoir quelqu’un de complet à tous les niveaux, mais ça n’est pas une obligation. Et même, pourquoi pas changer de style ? Car il faut tourner la page Laurent Blanc.