00:55
Mathieu Valbuena: «Je vais chez les Bleus avec beaucoup d'humilité et de détermination»
FOOTBALL•Les confidences du Petit qui a gagné son ticket pour le Mondial...Sandrine Dominique à Marseille
Les images de ses pleurs ont fait le tour de la France du foot lors de l’annonce de la liste des 30. Lundi, pas de larmes mais encore beaucoup de joie lorsque l’Olympien a appris qu’il faisait partie de la liste des 24. Confidences
Comment avez-vous appris la nouvelle?
J’ai appris la nouvelle vers midi. J’étais avec ma mère au téléphone pour tout autre chose et c’est là qu’elle m’a annoncé que je figurais dans la liste des 23-24 pour aller à la Coupe du Monde. Après j’ai eu l’intendant de l’équipe de France au téléphone.
C’était encore plus fort que lors de l'annonce de la liste des 30?
C’est vrai que pour cette liste de 30, je ne m’y attendais pas. J’ai eu beaucoup d’émotions et je n’ai pas pu me retenir [de pleurer de joie]. Forcément quand on se retrouve dans les 30, on aspire à être dans les 23, ça a été de la joie, de la fierté parce que je reviens de tellement loin.
Cela ressemble à un rêve éveillé, pour vous qui venez du championnat National?
Déjà à l'époque pour moi l’OM était inaccessible, alors je ne vous parle même pas de l’équipe de France! Quand j’ai signé à l’OM c’était pour vivre de belles émotions mais j’étais loin d’imaginer tout cela, que ce soit pour la Coupe de la Ligue ou le titre de Champion. Alors faire une Coupe du Monde... C’est quelque chose d’extraordinaire et encore le mot est faible. J’étais loin d’imaginer que tout cela pouvait m’arriver.
Quel sera votre objectif en Afrique du Sud?
Je vais aller là-bas, je vais apprendre au côté de grands joueurs qui ont gagné beaucoup de choses. Ça va être d’abord pour moi une aventure humaine. Je vais y aller avec beaucoup d’humilité et de détermination. Je vais arriver sur la pointe des pieds et puis quand je serai sur le rectangle vert je me donnerai à fond et faire du Mathieu tout simplement. Je ne me prends pas la tête, je vais essayer d’apporter ce que je sais faire, amener de la folie, que ce soit pour cinq ou dix minutes. Et rester moi-même. Il ne faut pas déjouer parce qu’on est en équipe de France. On peut avoir les yeux qui pétillent comme je les ai eus quand je suis arrivé à l’OM où il y avait de grands joueurs Samir [Nasri], Francky [Ribéry] et d'autres... Mais après sur le terrain, j’apporterai ce que je sais faire. Vous me connaissez, je ne vais rien lâcher. Je vais bosser, et je ne vais pas me reposer sur mes acquis et me dire «ça y est je vais à la Coupe du Monde». Je vais rester prêt et tirer le maximum de moi-même.
Vous parliez de Franck Ribéry, vous avez un peu le même parcours finalement, avec une ascension fulgurante…
Oui et il faut tendre à de telles choses. Chacun a des exemples à suivre et pour moi c’est vrai que Francky est un exemple. Car il est venu du National, il a atterri à Marseille où il a éclaté et ça lui a permis de faire le Mondial en 2006. Et ce qu’il fait depuis c’est fantastique. Moi je m’inspire de ça avec mes propres qualités.
Revêtir le maillot bleu ça va être un grand moment ?
Je compare un petit peu avec la première fois où j’ai porté la tunique de l’OM à l’entraînement ça a été quelque chose de grandiose. Voir l’écusson avec l’étoile c'était formidable. Là pour chaque joueur français qui porte la tunique bleue c’est comme un conte de fées, c’est merveilleux. En plus pour moi c’était tellement loin dans ma tête cette année. Et quand en 2008 je n’avais pas pu honorer ma première convocation ça avait été moralement une grande tristesse. Mais là en plus ce n’est pas un match amical c'est la Coupe du Monde, c'est quelque chose de fort!
Avec un peu de recul comment analysez-vous aujourd'hui la mauvaise passe du début de saison et la discussion avec Didier Deschamps en janvier?
C'était un mal pour un bien. Ça m’a permis de prendre conscience de pas mal de choses. Des fois on croit faire bien et on ne fait pas bien. Le coach a su me dire ses vérités et ce qu’il attendait de moi. Un discours entre hommes. Mais s’il m’a dit tout ça, c'est qu’il croyait en moi. Ça m’a permis de ne pas rester sur mes acquis, de continuer à travailler.



















