Julien Pierre, combattant de tous les fronts
RUGBY•Rendu malade au cours d'un de ses voyages consacrés à la protection des animaux sauvages, le deuxième ligne de Clermont s'est arraché pour revenir en forme au bon moment...Bertrand Volpilhac
15 août 2009. Face à Bourgoin lors de la première journée de Top14, le Clermont Julien Pierre entre en jeu en deuxième mi-temps avant de finir le match sur les rotules. «Complètement HS», l’ancien Berjallien de 28 ans est souffrant, mais ne découvrira que quelques semaines plus tard son diagnostic. «J’ai contracté le paludisme lors de mes vacances en Indonésie, confie-t-il à 20minutes.fr. Je suis un peu aventurier, j’étais là-bas pour soutenir le projet d’une fondation pour la sauvegarde du Tigre de Sumatra.»
Fils et petit-fils de gérant de zoo, Julien Pierre est victime de sa passion: la protection des animaux sauvages. Un comble pour un joueur habitué à s’exprimer «dans la cage», en deuxième ligne. «Je veux aider l’homme à vivre avec la nature et la faune sauvage, justifie-t-il. Je suis presque né au milieu des animaux et c’était fantastique.»
>> La demi finale Toulon - Clermont est à suivre en live comme-à-la-maison sur 20minutes.fr samedi à partir de 16h30
Mais cette vocation lui coûte cher. Le paludisme torpille son début de saison: «Il y a eu des complications et j’ai perdu entre 12 et 15 kilos», lâche-t-il. Un mal pour un bien? Peut-être. L’Aveyronnais de naissance mène un nouveau combat. «J’ai mis les bouchées doubles une fois que ca allait mieux, se souvient Pierre. J’ai bossé, bossé, bossé, je me suis accroché et finalement ca a payé.» Trois mois plus tard, en pleine possession de ses moyens, il profite de plusieurs blessures pour s’installer en équipe de France et largement participer au Grand Chelem des Bleus.
Le Brennus avant la tournée d’été?
Une force physique et surtout mentale appréciée dans la capitale auvergnate, où Julien Pierre a pris une certaine importance. Plutôt discret médiatiquement, ambianceur tendance chambreur dans le vestiaire, il a été promu en janvier dernier (en l’absence d’Aurélien Rougerie et de Julien Bonnaire) capitaine de Clermont, moins de deux ans après son arrivée. Une récompense pour un joueur habitué à travailler dans l’ombre, qui ne manque pas pour autant d’ambition. Venu à Clermont pour chercher «un club professionnel et structuré», le «chameau» (en raison d’une blessure, l’épaule droite de Julien Pierre est bosselée) a désormais «soif de victoire».
Et ça tombe bien. De nouveau en demi-finale du championnat (pour la quatrième année consécutive), l’ASM porte la fâcheuse réputation de toujours buter sur la dernière marche. Face à Toulon samedi, le deuxième ligne devra insuffler à son paquet d’avants son esprit de combattant. «Cette année, le groupe a franchi un palier, annonce Pierre. Contre le Racing Metro (victoire 21-17 en barrages), on a montré une force mentale que l’on n’avait pas les années précédentes. Il y a plus de maturité dans le groupe.»
Sans trop en dire, le néo-Clermontois se verrait bien ramener le premier Brennus place de Jaude, avant d’enchaîner par une tournée d’été avec l’équipe de France, histoire de «s’installer» chez les Bleus, à dix-huit mois de la Coupe du monde. Un challenge à sa hauteur.


















