Marouane Chamakh : «En partant comme ça, il y a comme un hic»

FOOT L'attaquant se confie avant son dernier match à Bordeaux

Propos recueillis par Lauren Horky, à Bordeaux
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Le Bordelais Marouane Chamakh lors du match retour de quart de finale de Ligue des champions face à Lyon, le 7 avril à Bordeaux
Le Bordelais Marouane Chamakh lors du match retour de quart de finale de Ligue des champions face à Lyon, le 7 avril à Bordeaux — P. SAURA/SIPA

Alors qu’il s’apprête à disputer son dernier match à Bordeaux, samedi soir contre Sochaux, après huit ans passés au club, l’attaquant international Marouane Chamakh se livre.

 

La saison ne se termine pas comme vous l’espériez?
Elle aurait en effet pu bien mieux finir, il n’y a pas photo. Mais c’est comme ça, c’est le football. Il y a des hauts et des bas. On a mal géré la fin et on le paye cash. Tant pis pour nous.

Est-ce une grande désillusion?
Un peu oui, sachant que l’on était bien parti sur tous les tableaux mais qu’à l’arrivée on ne remporte rien et sachant que l’on est même obligé de se battre aujourd’hui pour accrocher une place en Ligue Europa.

Comment appréhendez-vous le match contre Sochaux, le dernier de la saison à Chaban-Delmas sachant que vous ne serez plus à Bordeaux l’an prochain?
Ça sera un match très particulier pour moi, avec certainement beaucoup d’émotion. J’ai hâte d’y être ! J’espère faire un gros match et le remporter, ça me permettrait d’avoir et de laisser un bon souvenir. Je ne veux surtout pas partir sur un mauvais résultat. Et je tiens à faire plaisir au public, parce que j’ai vécu ici des moments extraordinaires.

Risquez-vous de lâcher une petite larme?
Je ne sais pas, je ne peux pas vous l’annoncer maintenant. Il faut que cela reste naturel. Tout ce que je sais, c’est qu’en tout cas ça me fera très bizarre. On verra ensuite le jour du match, mais ce match risque de beaucoup me toucher. C’est même sûr.

Est-ce que celui-ci occupe votre esprit depuis un moment?
J’y ai pensé, j’y pense, et j’appréhende le fait que ce soit mon dernier match à domicile. Quelque part, c’est un petit peu dur à accepter. Mais dans le fond je sais que c’est un mal pour un bien. Je suis quand même costaud. On verra bien ce que ça donne…

Mais si c’est pour jouer à l’Emirates l’an prochain, c’est excitant…
Bien sûr, et n’importe qui vous dirait la même chose. Mais… Pour l’instant je ne me concentre vraiment que sur la fin de saison à Bordeaux. Je fais vraiment une fixation là-dessus, sur mon dernier match, sur l’avenir de ce club et tous les gens concernés : mes coéquipiers, le staff, les gens qui travaillent ici, les supporters…

Est-ce pour cela que vous ne souhaitez pas encore confirmer votre prochaine destination [Arsenal]?
Tout à fait, par respect pour ce club qui m’a tant donné. La semaine prochaine, vous en saurez beaucoup plus.

Le fait que Bordeaux n’ait pas assuré une place européenne gâche sûrement un peu la fête?
Bien sûr, je voulais vraiment faire une belle fin de saison et, pourquoi pas, gagner quelque chose avant de partir. Mais l’histoire a ainsi été écrite. En tout cas j’ai le sentiment d’avoir tout donné, d’avoir fait mon maximum et de n’avoir jamais triché. Mais j’ai quand même ce regret. En partant comme ça, il y a comme un hic. Si au moins on s’était qualifié pour la Ligue des champions… Alors ça aurait été une saison correcte.

Quels moments forts retiendrez-vous de vos huit années passées à porter le maillot girondin?
(Il coupe) Le titre ! Et puis ce parcours en Ligue des champions qui a aussi été frappant... Sans oublier bien sûr mon premier match, mon premier but, mon premier trophée aussi avec Ricardo. Toutes ces petites choses sont beaucoup de bons moments, de beaux souvenirs. C’est ce qui peut me laisser quelques regrets, parce que sincèrement je me sentais vraiment super bien ici. Seulement j’ai quand même 26 ans et je ne compte pas m’éterniser dans le football. J’aimerais encore faire quatre saisons, découvrir un championnat qui me plaît, qui m’a toujours fait rêver. Rejoindre un club étranger est aussi une étape dans ce que je souhaitais faire. J’ai saisi cette opportunité, tant mieux.

Vous imaginez-vous revenir un jour à Bordeaux?
Pourquoi pas…

Pas seulement en Coupe d’Europe?
(Il rit) Non, pas seulement en Coupe d’Europe. Si jamais l’occasion se présente un jour, je pourrai en effet l’envisager. Mais bon cette question ne se pose pas pour l’instant.