Fallait-il siffler pénalty sur la main de Mathieu Chalmé?

FOOTBALL Même au sein du corps arbitral, les avis divergent...

Propos recueillis par R.S.

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Le défenseur bordelais Mathieu Chalmé (en rouge), et l'attaquant lyonnais Lisandro Lopez lors du quart de finale de Ligue des champions aller du 30 mars 2010.
Le défenseur bordelais Mathieu Chalmé (en rouge), et l'attaquant lyonnais Lisandro Lopez lors du quart de finale de Ligue des champions aller du 30 mars 2010. — P.Fayolle/Sipa

Dans les couloirs de Gerland, Mathieu Chalmé ne s’est pas révolté, mardi soir. Le défenseur bordelais, dont la main dans la surface a offert un penalty et un troisième but aux lyonnais (vainqueurs 3-1), a simplement jugé «sévère» la décision de M. Brych. Selon lui, l’arbitre allemand du quart de finale de Ligue des champions face à l’OL aurait pu ne pas siffler. Sa main était-elle intentionnelle? «C’est une question d’interprétation», souffle le défenseur, qui défend la thèse du «non». Pourtant même au sein du corps arbitral, la décision fait débat. Sur ce même fait de jeu, deux arbitres de Ligue 1, Stéphane Lannoy et Bertrand Layec, n’auraient pas pris la même décision...
 
Ce que dit la loi XII: Un penalty est accordé quand un joueur touche «délibérément le ballon de la main» dans sa surface de réparation.»
 
Il n’aurait pas sifflé
 
Stéphane Lannoy: «Cela paraît involontaire. Chalmé ne s’occupe en rien du ballon»
 
«La question est de savoir si, à l’évidence, Chalmé voulait utiliser ses bras pour entrer en contact avec le ballon. Et au vu des images, cela paraît involontaire. Il ne s’occupe en rien du ballon. A partir du moment où il est évident qu’il n’y a jamais intention de toucher le ballon délibérément de la main, on occulte tout le reste. On ne siffle pas. Mais c’est à l’arbitre d’interpréter, fort heureusement. On lui laisse libre cours de juger en son âme et conscience. Heureusement qu’on ne stipule pas que toute faute de main dans la surface est sanctionnée d’un penalty. Cela voudrait dire qu’il n’y aurait plus la moindre réflexion. Et il y a des situations où la main est complètement involontaire. Il faut interpréter. Il faut voir la malice, le vice et interpréter tout ça. On est dans un football où tout est réfléchi et calculé.»
 
Il aurait sifflé
 
Bertrand Layec: «Vous ne vous promenez pas dans la rue avec un bras à l’horizontale»
 
«Je crois qu’on est proche de l’application des lois en sifflant ce penalty. Après c’est une question d’interprétation. C’est complexe dans l’instantanéité. Mais la décision prise est plus proche d’être bonne que mauvaise. C’est délicat de juger de l’intentionnalité. Un joueur qui défend de manière imprudente avec les bras décollés du corps, pour moi, doit être sanctionné. Il a une position non naturelle du bras, avec un risque d’augmenter sa surface de contact. Donc, je pense que c’est sanctionnable. Ce sont les directives qu’on a prises en début de saison. C’est notre philosophie, être très réactif par rapport à cette position illicite des mains et des bras. A partir du moment où un bras est décollé du corps de manière non naturelle, le geste est intentionnel. Vous ne vous promenez pas dans la rue avec un bras à l’horizontale. Je ne crois pas. Si vous le faites, c’est que vous voulez augmenter votre surface de contact. On peut en effet discuter sur le côté naturel du positionnement de la main. Mais je vois de plus en plus de joueurs défendre avec les bras dans le dos, dans le championnat de France. Les joueurs prennent ça en compte et défendent avec une autre approche.»