MVP: «Le catch m'a sauvé la vie»
SPECTACLE•Avant de devenir une star du catch, Montel Vontavious Porter a eu une vie agitée...Propos recueillis par Matthieu Payen
Il fait 1,90 m pour115 kg, mais il est doux comme un agneau. De sa petite voix, Montel Vontavious Porter (MVP), star du catch américain de passage en France, fait découvrir son «sport»qui va vivre ce weekend son sommet, le «Wrestlemania» à Phoenix. Sous les manches de la chemise du «gladiateur», on devine d’énormes tatouages qui témoignent de sa première vie. Une vie où les méchants ne portent pas des collants en lycra mais s’effondrent aussi à la fin.
Comment êtes-vous devenu catcheur?
A l’adolescence, je me suis tourné vers la rue, les gangs, les flingues et j’ai eu de sérieux problèmes. A 16 ans, je suis allé en prison pour vol à main armée. J’y suis resté presque dix ans. C’est à cette période que j’ai rencontré un garde qui était catcheur amateur. Je lui posais sans arrêt des questions sur les techniques de catch parce que j’en avais vu à la télévision. Alors, il m’a proposé de m’entraîner, une fois sorti de prison. J’ai accepté. Je n’avais pas grand-chose à faire et j’avais besoin d’une occupation pour rester en dehors des problèmes. Je suis sorti, il m’a entraîné et après un spectacle devant une centaine de personnes, je lui ai dit que ça me plaisait énormément. Avec le recul, je pense que le catch m’a sauvé la vie. Si je n’avais pas eu cela, je serai probablement reparti vers la criminalité.
Vous êtes sorti de prison et vous êtes entré directement à la WWE?
Non, ce serait trop facile. Il y a de nombreuses autres organisations pour débuter. On appelle cela «le circuit indépendant». Moi, c’était à Miami, la ville dont je suis originaire. A l’époque, il m’est arrivé de faire des combats devant six personnes seulement. Et puis, ensuite, quand ça se passe bien, le nombre de spectateurs augmente. Pour me faire de l’expérience, je suis aussi allé combattre à Porto-Rico. En tout, je suis resté cinq ans dans le système indépendant.
Parlez-nous de votre personnage.
MVP est basé sur tout ce qui est mauvais chez les sportifs professionnels. Je ne sais pas si c’est pareil en France, mais aux Etats-Unis, il y a des joueurs de baseball, de football américain ou de basketball qui se font beaucoup d’argent et qui se regardent le nombril. Mais il y en a certains qui n’ont jamais rien gagné de leur vie.
Je vous rassure, on a les mêmes en France…
Ah, ok, cool. Et bien, vous comprenez quel genre de personnalité a MVP, un type qui a un énorme ego. J’ai proposé ce concept à la WWE et ils ont aimé, c’est comme ça que je suis devenu MVP il y a cinq ans.
Être bon acteur c’est quelque chose d’important pour être catcheur?
Oui, c’est ce qui fait la différence. C’est sûr qu’il faut avoir des qualités athlétiques. Mais il faut surtout avoir le show dans le sang parce que nous faisons un spectacle sportif. Il faut être capable de combiner sport et talent d’acteur pour plaire au public. Moi-même, quand j’ai débuté, j’ai explosé quatre magnétoscopes à force de rembobiner la bande et de revoir les actions au ralenti.
Et MVP, est-ce un gentil ou un méchant?
Au départ, j’étais un méchant, présomptueux. Quand je faisais ma signature, «Ballin’» (il se lève et exécute un geste de lancé-franc au basket), les gens me huaient. Maintenant, ça a changé. Moi, je n’ai rien modifié mais je pense que le public reconnaît la passion que j’ai pour mon métier. Du coup, même si je suis quelqu’un d’odieux, les fans ont décidé qu’il fallait me soutenir. Et quand ils décident, on ne peut pas leur faire changer d’avis.



















