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Teddy Tamgho : «Plus de vitesse et les 18 m seront atteints»

Teddy Tamgho : «Plus de vitesse et les 18 m seront atteints»

ATHLETISME – Teddy Tamgho, récent champion et recordman du monde indoor du triple saut (17,90 m), confie ses nouvelles ambitions...
Propos recueillis par Nadège Abderrazak

Propos recueillis par Nadège Abderrazak

Quatre jours après votre sacre, comment vous sentez-vous?

Après le concours, j’ai essayé de vite relativiser la performance. C’est vrai que je suis champion du monde et que je détiens le record du monde, c’est super, mais il ne faut pas s’arrêter là. Je dois vite me concentrer et penser au travail qui m’attend pour la saison estivale.

Avez-vous revu votre saut?

Bien sûr, je l’ai vu 50 ou 100 fois. (rires).C’est un saut fait avec l’envie, je n’ai rien à dire d’autre.

Est-ce qu’avant le saut, vous pensiez arriver jusqu’au 17,90 m?

On fait tout pour. Benjamin (Compaoré, son partenaire d’entraînement), rigole…Aujourd’hui, c’est moi qui y suis arrivé, mais depuis l’année dernière on savait qu’on pouvait aller loin. Benjamin a été accablé par les blessures, il n’a pas pu encore concrétiser son potentiel. On savait que ce genre de performances pouvait arriver à n’importe quel moment. Il fallait juste attendre que ça arrive.

Juste après votre saut, vous avez dit que vous étiez encore loin des 18 m. Qu’est-ce qu’il vous manque pour y arriver?

Je n’ai pas l’habitude de faire de tels sauts. C’est la première fois que je participe à un concours aussi costaud. J’ai fait des sauts de17, 41 m, 17, 24 m, j’ai atteint les 17,90 m, il n’y a aucun saut qu’on peut qualifier de déchet. Maintenant, il faut reproduire et reproduire [ce type de performances], encore et encore. Il faudrait être le plus droit possible et garder le plus de vitesse. Sur le saut en lui-même, il n'y a pas de critiques à faire, il faut rajouter un peu de vitesse et modifier quelques détails, et les 18 m seront atteints. Ca n’est que de cette façon que je pourrai atteindre les 18 m.

Votre entraîneur a dit que le déclic est apparu à Stockholm, aux championnats du monde de 2006. Est-ce que vous partagez son avis?

Totalement. A Stockholm, j’avais fait 15,66 m. On s’était tous deux remis en question. On a fait pas mal de changements par rapport à l’année dernière, on a essayé de remettre les choses en place, et c’est grâce à ces changements que la saison a suivi avec des sauts atteignant les 17 m plus régulièrement.

Vous avez rencontré Jonathan Edwards, le recordman du monde en plein air (18,29 m), la saison dernière. Quels conseils vous a-t-il donné?

Il m’a donné des conseils sur la gestion d’un concours. Il m’a dit que je devais modifier le départ de ma course. On a écouté le conseil, mais on ne l’a pas forcément appliqué. Avec le coach, on avait un programme à tenir, mais on a continué à faire ce qu’on avait l’habitude de faire.

Après un titre de champion du monde et un record, est-ce que c’est facile de se remettre au travail?

J’ai déjà relativisé la performance. Après ma semaine de vacances, je vais vite revenir au boulot. Ca ne change rien pour moi.

Quels sont vos prochains objectifs?

On n’a pas encore discuté du programme, mais ça va être clairement les championnats d’Europe à Barcelone [en juillet].

Vous sentez-vous capable de dépasser vos limites, d’aller plus loin encore que ce record de 17,90 m?

Je ne sais pas, sincèrement. Peut-être que ce record est ma limite, peut-être pas.

Est-ce qu’il y a une longueur que vous aimeriez atteindre?

Je n’ai pas d’idéal à atteindre. J’aimerais être toujours présent en championnat. Je préfère être bloqué toute ma vie à 17,90 m et toujours gagner en championnat plutôt que de faire une grosse performance une fois. Les championnats sont beaucoup plus valorisants.