Lille-Auxerre, une défaite en questions
Football Dimanche, le Losc est tombé du podium. Aurait-t-il pu en être autrement ?Antoine Maes
Celle-là, on la voyait tellement venir qu'on se demande encore comment ils n'ont pas pu l'empêcher. Battus par Auxerre (0-1) dimanche, les Lillois sont tombés du podium.
Fallait-il jouer ce match ? Si M. Coué a retardé le coup d'envoi de deux heures, c'est bien qu'il y avait des doutes. Bien sûr, la pelouse était dans un sale état. Mais on avait déjà vu bien pire. Jouable, donc, mais compte tenu du contexte, pour le Losc, remettre cette partie aurait vraiment été une aubaine. « Ce qui est étonnant, c'est que vers 15 h, l'arbitre a dit que le terrain était injouable. Et à 17 h 30, quand nous sommes arrivés, le terrain était jouable », s'étonnait Rudi Garcia après la rencontre. Les Auxerrois n'avaient pourtant pas franchement poussé pour que la rencontre se tienne à tout prix. « Ils ont été assez classes », lâche un dirigeant lillois.
Adil Rami devait-il jouer ? Le défenseur lillois a vécu une semaine riche en émotions. Sélectionné chez les Bleus, buteur à Fenerbahçe, il est aussi revenu de Turquie avec une douleur aux ischio-jambiers. Sa présence au coup d'envoi n'était d'ailleurs pas assurée. Et pour une fois cette saison, c'est lui qui a craqué, en loupant son dégagement sur le second but de Contout. Pourtant, les solutions en défense ne manquent pas. Associer Chedjou et Costa dans l'axe et titulariser Emerson dans le couloir gauche n'aurait pas semblé incohérent. Hier, à Clairefontaine, Rami ne semblait pas se ressentir de sa blessure. Il aurait pu souffler contre l'AJA. Mais Rudi Garcia n'est pas sélectionneur des Bleus, et son joueur, suspendu contre Saint-Etienne samedi prochain, attendra le week-end pour se reposer.
Auxerre a-t-il trouvé la combine ? A priori, oui. Jean Fernandez est le seul entraîneur de Ligue 1 à avoir battu le Losc deux fois en championnat. La méthode est simple : anéantir le jeu vif et rapide des Lillois dès le milieu de terrain, par tous les moyens possibles, licites ou non. Avec un poil de fraîcheur physique en plus, les Dogues seraient peut-être sortis vainqueurs de cette rencontre. « Même si on avait joué jeudi, aucune fatigue particulière n'a été ressentie », explique pourtant Florent Balmont. Conclusion : soit il ment, soit les Auxerrois ont vraiment trouvé la recette.


















