JO: Quatre chantiers pour préparer Sotchi pour l'équipe de France

VANCOUVER2010 Après une moisson record de 11 médailles, le staff des Bleus est déjà tourné vers les prochains Jeux...

Romain Scotto

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Le patineur de vitesse français Alexis Contin, le 23 février 2010, lors des Jeux de Vancouver.
Le patineur de vitesse français Alexis Contin, le 23 février 2010, lors des Jeux de Vancouver. — D.Martinez/REUTERS
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Sur le plan comptable, l’objectif est atteint. Onze médailles, le record de Salt Lake est égalé. Mais à l’époque, les Bleus ne s’étaient pas contentés de deux médailles d’or (4). Pour progresser au classement des nations, voici les chantiers sur lesquels les staffs français plancheront pendant les quatre prochaines années…

Revoir la phase d’approche de l’événement
Comment rendre les Jeux uniques, en faire une épreuve qui justifie un conditionnement spécifique plusieurs mois à l’avance? La question hante dès aujourd’hui les cadres du ski alpin. Pour Yves Dimier, le DTN, l’accent n’a pas assez été mis sur les Jeux dans une saison où les skieurs sont focalisés onze mois sur douze sur les épreuves de Coupe du monde. Mais «on ne débarque aux Jeux comme en Coupe du monde», déplore Fabien Canu, le responsable de la préparation olympique. Etre présent le jour J à l’heure H, c’est capital. Ce sont des choses comme ça qui ont manqué.» A l’avenir, il faudra peut-être aménager le calendrier d’une Aubert, prévoir quelques impasses pour un Lizeroux ou préparer de jeunes athlètes sur un type de neige spécifique. De ce côté-là le président de la fédération Alain Méthiaz fait confiance à son staff pour tirer les enseignements d’une préparation spécifique légèrement banalisée.

Diversifier ses chances de médailles sur la glace

Short track et patinage de vitesse. Voilà les disciplines dans lesquelles la France doit investir dans les années à venir. Sur les anneaux de glace plus de 60 médailles ont été distribuées. Pendant ce temps, les Bleus priaient pour que Brian Joubert ne tombe pas et qu’Isabelle Delobel se remette de sa césarienne. Reprenant les propos de Rama Yade, remontée contre la fédération, Fabien Canu a d’ores et déjà demandé à Didier Gailhaguet de travailler sur cette question. «Il faut aller chercher des médailles sur la glace. Encore faut-il avoir des projets qui tiennent la route. Un projet de haut niveau, c’est huit ans.» A Vancouver, Contin ou Fauconnet ont bien offert quelques promesses «sympathiques» mais il y a maintenant un vrai problème de structures sur lequel il va falloir plancher.

Développer l’aide psychologique

En quinze jours, on ne compte plus les leaders qui ont failli. Colas, David, Joubert, Lizeroux, Vaultier. Tous programmés pour la gagne. Tous repartis de Vancouver sans la médaille. Au final, seul Jason Lamy-Chappuis a tenu son rang, sans céder sous la pression de l’événement. Face à l’enjeu, Joubert ou Vaultier ont reconnu s’être décomposés. «Il faudra travailler là-dessus, insiste Saguez. On s’est peut-être vus un peu plus beaux qu'on pensait. Ça nous a couté cher». Le DTN du ski pointe aussi la nécessité de préparer les athlètes aux attentes de la presse, en passant par des séances de média-training. «Nos athlètes n’ont pas bien géré cela. Dans les autres pays, les journalistes sont plus proches d'eux. Il n’y a pas cette attente permanente. Et cela se passe beaucoup mieux. C’est quelque chose sur quoi on doit bosser avant Sotchi.»

Entretenir une dynamique en nordique
Six médailles en biathlon, un titre en combiné et des places d’honneur à la pelle en fond. Le bilan des sports nordiques est inespéré. Pour l’expliquer, les DTN mettent en avant la collaboration des staffs techniques lors de l’épreuve. En mutualisant leurs savoirs ils se sont imposés comme les rois du fart. Egalement mise en avant, la réussite du centre de Prémanon, un pôle France faisant office de camp de base pour préparer les grandes échéances. «On va encore investir 10 millions d’euros dans les années à venir, annonce Saguez. Les collectivités et l’Etat sont avec nous.» En attendant, les félicitations pleuvent sur cette équipe de France prometteuse, érigée par Rama Yade en modèle. Sur la route de Sotchi, Marie Dorin, Marie-Laure Brunet, Martin Fourcade ou Jason Lamy-Chappuis devraient encore faire parler d’eux.