Et si les hockeyeurs canadiens passaient à la trappe?
VANCOUVER2010•Le quart de finale de mercredi, face à la Russie, est l'événement de la journée à Vancouver...Romain Scotto
De notre envoyé spécial à Whistler,
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Qui a-t-il de plus emblématique d’un pays que les images qui ornent sa monnaie? Au Canada, les billets de 5 dollars mettent en scène des enfants jouant au hockey. Ils pourraient aussi honorer Wayne Gretzky, la légende locale ou mettre en valeur Granville Street, l’épicentre de Vancouver, où se massent des milliers de fans à chaque sortie de l’équipe nationale. Mercredi, en fin d'après-midi, ils migreront à nouveau sur l’artère de la ville portuaire, pour entonner de nouveaux «Go! Ca-Na-Da!» et soutenir leur équipe face à la Russie. Un match qui aurait dû être une finale. Mais le duel face à la bande d’Ovechkine n’aura lieu qu’en quart.
Pour tout le peuple canadien, inutile d’imaginer un faux pas. La défaite face aux Etats-Unis (5-3) dimanche dernier a déjà laissé quelques traces. A la fin du match, la police a dû jouer de la matraque et interpeller quelques fans éméchés. Dorénavant, les débits de boissons seront fermés dès 19 heures pour éviter tout débordement. Mercredi, plus de 200.000 supporters sont attendus dans le centre-ville de Vancouver tandis qu’à Whistler, la bière continuera de couler pendant la rencontre. Comme à chaque match, ils seront aussi nombreux à hurler au pied des écrans géants de la station. Des lieux enfiévrés, où le mot «élimination» est imprononçable. «Si le Canada ne gagne pas le tournoi? Ne vous promenez pas dans les rues. Ce sera l’émeute», anticipe Scott, un fan grimé de la feuille d’érable.
Records d’audiences
«Les gens auront vraiment du mal à le digérer parce que le hockey, c’est vraiment sacré, poursuit Dray», un gars du coin, ami proche de «Manny» Osbourne-Paradis. Une défaite des coéquipiers de Sidney Crosby plomberait même tout un pays. Les Jeux du Canada ne seront réussis qu’en cas de victoire de l’équipe nationale en finale. «Nous, toutes les disciplines des Olympics, on s’en moque assez. On veut d’abord voir notre équipe de hockey gagner», enchaîne un autre fan, plutôt remonté contre une équipe contrainte de corriger l’Allemagne mardi en barrage (8-2) pour accéder aux quarts.
Il y a douze ans, à Nagano, l’échec de l’équipe de Gretsky avait déjà traumatisé tout un pays. Le fiasco avait été débattu jusqu’à la chambre des Communes. Idem il y a quatre ans, où les Canucks étaient rentrés les mains vides de Turin. Un affront impardonnable dans un pays où le hockey est un sport national, le seul érigé comme tel avec la crosse. On ne plaisante donc pas avec le maniement de la galette (le palet, en québécois). Face aux Etats-Unis, ils étaient plus de 21 millions scotchés devant leur télé, soit les deux tiers de la population locale. Record d’audience historique au Canada pour une rencontre sportive. Quel que soit le résultat du match face à la Russie, il ne devrait pas tenir très longtemps.


















