Luc Guibbert: «Tout doit être pensé en fonction de la réussite»
VANCOUVER2010•Le préparateur mental de l’équipe de skicross revient sur la façon d'aborder le haut niveau et un événement tel que les JO…M. Go.
De notre envoyé spécial à Vancouver
Quatrième jour sans médaille, 20minutes.fr s’inquiète du mental des Français. Pour bien comprendre les enjeux de la préparation psychologique, rien ne vaut une petite discussion avec Luc Guibbert, psychologue et préparateur mental des équipes de skicross, un sport où il vaut mieux avoir envie.
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En quoi consiste votre travail?
On appelle ça l’accompagnement psychologique. Il s’agit d’aider l’athlète, là où il est acteur. Moi, je propose, l’athlète décide et applique. La préparation mentale ne se fait pas avec tout le monde. C’est une démarche volontaire. Certains, grâce à leur expérience, ont acquis une capacité mentale. Ce n’est pas la peine de leur proposer quelque chose qui irait à l’encontre de ce qui est déjà en place. Avec ceux qui le désirent, il faut mettre des mots. Comment voulez-vous travailler sur des «Je ne sais pas». Et puis, mettre des mots concrets, pas abstraits… «Aujourd’hui, je ne vais pas bien», qu’est-ce qua ça veut dire ?
Quels sont les outils que vous appliquez ?
La visualisation, c’est-à-dire la représentation de ce qui va se passer. Ça aide beaucoup à mémoriser la piste pour que l’athlète puisse mettre en place des repères afin d’anticiper les trajectoires. Sinon, on peut évoquer l’imagerie mentale, des techniques de concentration, des techniques de montée ou de descente de l’activation à base de respiration, des techniques de relaxation…
Peut-on être trop motivé?
Il faut bien faire comprendre à l’athlète que ce n’est pas en se disant «Aujourd’hui, je vais faire un bon résultat», que les comportements qui amènent à la performance vont se mettre en place. Un athlète qui se répète «Allez, je mets le paquet», commet une erreur car il va en faire trop par rapport à ce que son cerveau à l’habitude de réaliser. C’est au contraire, parce que l’on met en place les bons comportements que l’on y arrive
L’entraînement est-il fondamental?
Oui. Lorsque l’on prépare une compétition, tout doit être pensé en fonction de la réussite. Tout ce qu’on fait doit être réussi, même et surtout les techniques de base, pour habituer l’individu à avoir cet engagement. On ne peut pas se dire: «Pas grave, je réessayerai…»
Comment gérer les minutes qui précèdent une course?
Ça dépend des athlètes. Certains ont besoin de descendre leur niveau d’activation. Ils sont tellement motivés que ça devient de l’excitation. On n’est plus dans l’optimum mais dans un maximum et cela nuit à la performance. Pour d’autres, il faut monter car ils ont un niveau d’activation bas, ils ne sont pas énergiques sur le parcours.
On a vu quelques favoris s’écrouler. Qu’en pensez-vous?
Oui, les Jeux sont un événement exceptionnel qui demande une préparation particulière. Mais, on ne peut pas porter un jugement sur un fait sans en connaître les causes, savoir ce qui s’est passé, quelle démarche a été mise en place.



















