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Nicolas Hourcade: «Les supporters ne sont pas hostiles à l'idée de répression»

Nicolas Hourcade: «Les supporters ne sont pas hostiles à l'idée de répression»

FOOTCe sociologue a été chargé de piloter le premier congrès des associations de supporters...
Propos recueillis par A.P.

Propos recueillis par A.P.

Voulu par la secrétaire d'Etat aux sports, Rama Yade, le premier congrès des associations de supporters en France se tient jeudi.Sociologue spécialiste des questions liées aux supporters et commissaire général de ce congrès, Nicolas Hourcade expose les enjeux de cette grande première.


Comment a germé l'idée d'un congrès des supporters?

Après certains incidents dans les stades de Ligue 1 en début d'année et la mort de Brice Taton, le gouvernement a souhaité à la fois renforcer la politique répressive à propos du comportement des supporters et développer des politiques préventives et le dialogue afin de contribuer à la réduction des violences. Même si la prévention ne peut pas tout, elle peut être un élément d'un dispositif plus global et renforcer l'intégration des supporters dans le monde du foot. Il ne s'agit pas d'opposer les spectateurs et les clubs ou l'inverse, on est d'abord là pour créer les conditions d'un dialogue qui soit positif pour tout le monde.


Comment se sont organisées les discussions en amont de ce congrès?

On a invité, par l'intermédiaire des clubs, toutes les associations de supporters. On travaille avec tous les supporters du moment où ils sont organisés en associations, en écartant les groupuscules centrés sur la violence. Le congrès de jeudi sera d'abord un état des lieux de la situation pour savoir ce qui va bien et qu'il faut pérenniser et ce qu'il faut en revanche améliorer. On met tout le monde autour de la table et jusqu'à fin mai ou début juin on travaillera dans des groupes thématiques sur des sujets plus précis.


Quels sont les premiers retours?

Ils nous disent que l'initiative est bonne et que c'est très bien de discuter, mais que c'est compliqué. Il y a pas mal de scepticisme de la part des différents acteurs. Pour l'instant, on essaye d'expliquer notre méthode de travail et de recueillir leurs témoignages.


On a l'impression que les supporters ne se sentent pas toujours compris...

Incontestablement, ils se sentent mal-aimés et incompris. L'un des objectifs du congrès est de donner une image plus juste et équilibrée des supporters. D'accord, il y a des problèmes et il faut les régler par le répressif et la discussion, mais il y a aussi une représentation qui ne correspond pas toujours à la réalité.


Le but de congrès n'est pas d'éradiquer la violence des stades en une saison...

C'est d'abord de contribuer à ce que les supporters se sentent intégrés au monde du foot. Et cela passe par une lutte contre les comportements délinquants et par des relations pacifiées entre les supporters et les autres acteurs du football (clubs, instances nationales).


Avez-vous avancé à propos des interdictions administratives de stade qui cristallisent parfois la colère de certains groupes?

C'est intéressant de noter que les groupes rencontrés ne sont pas forcément hostiles à l'idée de répression. Certains demandent même une répression plus ferme pour ne plus être «emmerdés». En revanche, il peut y avoir des critiques de certains groupes «ultras» sur les formes de cette répression. Ils trouvent que, paradoxalement, cette répression touche des faits qui ne sont pas les plus graves selon eux. Il y a aussi une critique de leur part des interdictions administratives de stade, mais les autorités soulignent qu'elles sont un outil efficace pour prévenir certaines situations et écarter les plus violents.