Defrasne nommé porte-drapeau... par défaut

VANCOUVER 2010 Le biathlète français n'était pas le premier choix du conseil d'administration du CNOSF...

Romain Scotto

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Le biathlète Vincent Defrasne, nommé porte-drapeau de la délégation pour les Jeux Olympiques de Vancouver, le 12 janvier 2009, à Paris.
Le biathlète Vincent Defrasne, nommé porte-drapeau de la délégation pour les Jeux Olympiques de Vancouver, le 12 janvier 2009, à Paris. — SIPA
Vincent Defrasne défilera bien en tête de la délégation française le 12 février dans le stade de Vancouver. Le biathlète, nouveau porte-drapeau des Bleus, a été intronisé mardi soir, au Comité national olympique, devant les caméras.
 
Sauf que lors du vote du conseil d’administration du CNOSF, le biathlète français n’avait pas retenu la majorité des suffrages. Initialement, c’est Sandrine Bailly qui a été élue. La Française a reçu la majorité absolue, 16 voix, contre 10 pour Defrasne (seul athlète présent à Paris parmi les cinq finalistes), comme le confirme à 20minutes, Denis Masseglia, le président du CNOSF.

Ne pas compromettre les chances de Bailly
 
La biathlète a été écartée pour une raison pratique. Ses épreuves débutant le lendemain de la cérémonie, il n'était pas concevable, pour les membres du conseil, de «compromettre ses chances», justifie Denis Masseglia, le président du CNOSF. «Dans ces conditions, on devait exclure Sandrine. On peut nous reprocher de ne pas l'avoir exlue au départ. Mais par respect pour la carrière des athlètes, on ne l'a pas fait.»

A l'issue du vote, Alain Calmat aurait pris le premier la parole pour remettre en question le résultat. «Il a dit: "Moi j'ai perdu une médaille d'or parce que j'étais porte-dreapeau". Certains n'avaient pas bien compris. Probablement, il n'a pas été suffisemment indiqué que cette nomination pouvait compromettre sa participation.» Aucun autre scutin n'a été organisé par la suite. Vincent Defrasne, dauphin de Bailly, a été désigné. «La position finale est celle de la sagesse», enchaîne Masseglia.

«On a préféré éviter le débat»


Sandrine Bailly aurait donc pu être porte drapeau de la délégation. A l'issue du vote, la question ne lui a pas été posée. «On a préféré éviter le débat, assume le président du CNOSF qui assure également qu'un athlète absent, mardi à Paris, aurait pu être honoré. Ce qui n'aurait pas été une première. En 2006, avant les Jeux de Turin Bruno Mingeon n'avait pas eu droit à la passation devant les caméras.