Nikola Karabatic: «On a trop habitué les gens à gagner»
HAND•A quelques jours du début du championnat d'Europe en Autriche (le 19 janvier), la star du hand français prend très au sérieux une compétition où il n'y a aucune petite équipe…Propos recueillis par Alexandre Pedro
A 25 ans, Nikola Karabatic a déjà gagné tous les titres possibles et imaginables avec les Bleus. Pas grave, le demi-centre de Montpellier part pour l’Euro autrichien avec un seul objectif: le titre.
A 25 ans, Nikola Karabatic a déjà gagné tous les titres possibles et imaginables avec les Bleus. Pas grave, le demi-centre de Montpellier part pour l’Euro autrichien avec un seul objectif: le titre.
De l’extérieur, cette équipe de France donne l’impression d’être un second club pour vos coéquipiers et vous. Est-ce aussi votre sentiment?
Avec l’enchaînement JO-Mondial en 2008-2009, on a passé pas mal de temps ensemble. Après, même si on dispute beaucoup de rencontres avec la sélection, on n’a jamais vraiment le temps de bosser les automatismes.
Notre force, c’est de nous reposer sur une équipe qui change peu. A quelques ajustements près, c’est la même équipe qui joue ensemble depuis cinq ans. C’est vrai que maintenant, on commence à bien se connaître et à être comme un petit club.
On dit souvent que l’Euro est plus dur à gagner que le Mondial ou les JO. A quoi cela tient-il?
Pour moi, l’Euro c’est la compétition la plus difficile. En handball, les meilleures équipes sont européennes. A un Mondial, tu sais qu’il y a toujours un match ou deux contre des équipes assez faibles. Même si le hand se mondialise, on retrouve toujours les Européens sur les podiums.Ce qui fait que sur un Euro il n’y a pas de match facile et aucune pause, puisque le format de la compétition est plus ramassé. Pour les organismes, c’est plus éprouvant.
L’équipe va peut-être plus tourner que lors du Mondial en Croatie alors?
Je ne sais pas. Je ne crois pas que le coach soit du genre à changer ses options de jeu. Les résultats lui donnent raison. Tant que l’équipe marche bien, les meilleurs restent sur le parquet. Ca a toujours été comme ça.
Pour cet Euro, tout autre résultat que le titre sera considéré comme un échec. Comme vit-on cette obligation de résultat?
C’est un peu de notre faute, on a trop habitué les gens à nous voir gagner. On sait qu’on dispose de l’équipe pour l’emporter. On est super motivés. La seule pression qu’on subit, c’est la nôtre, même si on sait qu’on ne pourra pas non plus gagner toutes les compétitions.
La domination française doit commencer à en énerver certains. Vous sentez-vous dans la peau de l’équipe que tout le monde veut voir tomber?
On est l’équipe à battre, l’équipe qui fait peur. On sait que les autres craignent nos individualités et notre collectif. Après, le hand reste un sport physique, les types en face ne vont pas nous regarder jouer.
Que pensez-vous de vos adversaires du premier tour (Espagne, République Tchèque, Hongrie)?
L’Espagne est plus forte qu’on veut bien le dire. Lors du dernier mondial, l’équipe avait pas mal tourné, mais ça reste très costaud surtout depuis la naturalisation du gardien de Cuidad Real (Arpad Sterbik). Les Tchèques nous ont battus en qualifications, plusieurs de leurs joueurs sont titulaires en Bundesliga. Bref, il va falloir se méfier. Les Hongrois sont peut-être un cran en dessous même si on n’est jamais baladé contre eux. Si on passe ce tour, on va retrouver l’Allemagne et la Pologne, ça risque d’être dur encore. Chaque équipe peut te battre dans cette compétition.
Physiquement est-ce que vous vous sentez plus frais depuis votre retour à Montpellier. Le rythme du championnat de France est quand même éprouvant que celui de la Bundesliga.
Physiquement est-ce que vous vous sentez plus frais depuis votre retour à Montpellier. Le rythme du championnat de France est quand même éprouvant que celui de la Bundesliga.
La seule grosse différence, c’est que j’ai pu souffler dix jours à Noël, ce que je n’ai jamais pu faire en Allemagne. Il y a peut-être moins de gros matchs en championnat de France, mais entre la Ligue des champions et les Bleus, j’ai déjà de quoi m’occuper.



















