Quand les concurrents du Dakar se mettent au vert (mais pas tous)
DAKAR•Le chemin est encore long pour convaincre...Matthieu Payen (à La Rioja, Argentine)
De notre envoyé spécial en Argentine.
Chacun son boulet. Si le Tour de France doit composer avec le dopage, le Dakar doit de son côté traiter la question non moins épineuse de la pollution. Avec 400 véhicules lancés à pleine vitesse dans la nature - sans parler des centaines de véhicules d'assistance -, l'image des aventuriers du désert n'a rien d'éco-responsable. Le patron de l'épreuve, Etienne Lavigne, a beau marteler qu'«aucune zone naturelle sensible n'est traversée», le gâchis d'énergie colle à la peau du Dakar.
Du coup, le bon exemple pourrait venir de petites initiatives des concurrents ayant pris conscience des critiques du grand public. Ainsi, André Lenoble, qui pour la seconde année, va tenter de venir à bout des dunes de sable équipé d'une moto fonctionnant à l'éthanol. «L'an dernier, mon moteur tournait avec 10% d'éthanol mélangé à de l'essence, explique ce responsable qualité dans l'alimentaire. Cette fois-ci, ma machine fonctionne entièrement à l'éthanol». Une démarche qui, selon son créateur, réduirait les émissions de CO2 de 60 à 80%. Evidemment, le système est encore loin d'être parfait: le carburant sera transporté par camion. Mais l'essentiel est ailleurs affirme-t-il: «Je voudrais qu'on arrête de nous considérer comme des irresponsables.»
Une catégorie véhicule vert
C'est dans ce même esprit que Willy Jobard conçoit la course. Et sa moto roule...à l'eau. En fait, un système utilisant la condensation pour accroître la puissance de son véhicule et donc économiser sa dépense en essence. «C'est vieux comme l'automobile», assure son utilisateur qui compte ne l'utiliser qu'une étape sur deux. «On est surtout là pour le tester car le but est de finir la course», confie-t-il.
Il faudra donc attendre un peu avant de voir ces idées vertes germer dans la tête des principaux concurrents. Pour le moment, certains ne souhaitent pas répondre et d'autres se réfugient derrière l'étude commandée à l'ADEME par l'organisateur il y a deux ans: «La totalité du Dakar équivaut à une journée de périph'», glisse notre bloggeuse Isabelle Patissier. Ce même organisateur vient seulement, pour la première année, de mettre en place une catégorie «véhicule vert» réservée aux seules autos. «C'est dommage. Je suis l'un des seuls à courir sur une moto verte, donc j'aurai pu gagner le Dakar dans ma catégorie», sourit André Lenoble.



















