Le handball, sport paritaire par excellence?

HANDBALL Après la médaille d'argent ramenée de Chine par les Bleues, 20minutes.fr analyse pourquoi le hand tricolore cartonne autant chez les femmes que chez les hommes...

Matthieu Payen

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Les handballeuses françaises (en bleu) face au Brésil le 5 décembre 2009 aux championnats du monde en Chine.
Les handballeuses françaises (en bleu) face au Brésil le 5 décembre 2009 aux championnats du monde en Chine. — Chine Nouvelle/SIPA

Dix-sept médailles. L'anecdote fait sourire Philippe Bana, mais le directeur technique national cumule désormais dix-sept podiums internationaux en tant que membre de l'encadrement des équipes de France de handball. Un palmarès qui rappelle une fois de plus la bonne santé de ce sport, tant chez les hommes que chez les femmes. 20minutes.fr analyse les raisons de ce succès.
 
Une formation mixte
«J'ai commencé le hand un peu par hasard, confesse Raphaëlle Tervel, capitaine de l'équipe de France féminine. A l'époque, je jouais au foot. Mais, passée 13 ans, je n'avais plus le droit de jouer avec les garçons et il n'y avait pas d'équipe de foot féminine, je me suis donc tournée vers le hand.» Et voilà comment on décroche des médailles. Le maillage des clubs masculins et féminins en France est l'une des grandes fiertés de Philippe Bana. «C'est une volonté de la fédération, souligne-t-il. On a d'abord commencé chez les garçons à la fin des années 80, puis on a fait place aux filles. En quinze ans, on est passé de 200.000 à 400.000 licenciés.» Un véritable réservoir humain dont l'élite est encadré au sein de 24 pôles espoir - les «usines à champions» comme les appelle le DTN. «Ces structures donnent un bon bagage technique à des joueurs qui, pour certains, révèlent ensuite de belles qualités physiques», analyse Olivier Krumbholz, l'entraîneur des Bleues.
 
Les mêmes moyens

«La parité, tout le monde en parle mais personne ne la fait. Nous, nous l'avons instauré, pose fièrement Philippe Bana. On a donné aux filles le meilleur entraîneur, les mêmes hôtels que les garçons, les mêmes primes, les mêmes indemnités. Les garçons ont eu un Mondial en France en 2001, les filles ont eu le leur en 2007.» Ces efforts faits pour avoir un sport totalement mixte n'ont pas échappé à Raphaëlle Tervel: «On fait la même chose que les garçons, on a les mêmes entraînements, aussi dur qu'eux. Donc je ne vois pas pourquoi on devrait être traité différemment. Mais je sais que c'est très différent dans d'autres fédérations, comme celle de l'Espagne que je connais bien [elle a joué trois ans au club de Bera Bera, Ndlr].»
 
Mais deux stars très différentes
S'il y a un point sur lequel les équipes de France masculine et féminine divergent, c'est bien la médiatisation de ses joueurs. «La vraie star de l'équipe c'est le collectif», martèle Olivier Krumbholz. Une belle formule, mais une réalité moins vendeuse que quand on aligne des Nikola Karabatic, Thierry Omeyer et autres Daniel Narcisse. «L'explication est simple, c'est la jeunesse. La notoriété de filles ne s'est pas encore développée, mais ça va venir, soutient Philippe Bana. On est en train de créer une identité de femmes saines, sportives, belles, glamours.» Les «experts» sont prévenus, aux JO de 2012, ils pourraient bien devoir partager la vedette avec leurs homologues féminins. Il ne reste plus qu'à leur trouver un nom.