Marc Guillemot: «Il a fallu être besogneux»

VOILE Le vainqueur de la Transat Jacques-Vabre revient sur ces 15 jours de course...

Propos recueillis par Matthieu Goar

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Le skipper français Marc Guillemot, lors de son arrivée à Cuba, en vainqueur de la transat Jacques Vabre, le 24 novembre 2009
Le skipper français Marc Guillemot, lors de son arrivée à Cuba, en vainqueur de la transat Jacques Vabre, le 24 novembre 2009 — SIPA

Trois heures pleines de sommeil et Marc Guillemot est prêt à raconter ses 15 jours en mer. Une transat du Havre au Costa Rica que Marco et son coéquipier, Charles Caudrelier, ont mené à grande vitesse tout en contrôlant la flotte. Une victoire avec la manière pour Guillemot, l’ange-gardien de Yann Eliès lors du dernier Vendée Globe qu’il avait terminé 3e.


Quelles sont vos premières impressions à l’arrivée de cette course?

Je retiens l’intensité de la compétition. Nous n’avons jamais eu de conditions stables et il a fallu beaucoup manœuvrer, être besogneux. Et plus tu es fatigué, plus tu atteins vite la zone rouge. Et puis il y a eu bien sûr Kito (de Pavant) et François (Gabart) qui nous ont mis la pression jusqu’au bout, notamment dans la mer des Caraïbes. Nous n’avons jamais pu mollir.


Il y a eu un sacré jeu entre vos deux bateaux lors de la deuxième partie de la course.

En sortant de la Manche, deux options se présentent: soit on par à l’ouest, soit au sud. On voit que c’est bouché d’un côté alors on part à l’ouest à 5 ou 6 bateaux. Après la tempête, on se retrouve vite à 2 avec Bel (le bateau de Kito de Pavant) et ça devient un duel. C’est d’ailleurs un des aspects intéressants de la course au large car il y a une dimension psychologique. Il faut montrer à l’autre équipage que tu accélères et que tu ne relâcheras pas. C’est un jeu intéressant. A force de pousser, on s’est d’ailleurs fait une belle frayeur en passant la Désirade (une île des Caraïbes, ndlr) en perdant une grande voile importante pour la fin de la course…


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On dit que votre bateau, Safran, est très rapide…

D’abord je suis très content car c’est un bateau qui passe bien dans toutes les conditions. Même dans 50 nœuds de vent (la flotte a essuyé une grosse tempête, ndlr), il continuait à aller vite. Et puis je me dis que pour le faire marcher, il y a eu aussi un bon équipage. Un jeune et un marin avec un peu plus de bouteille, c’est une bonne option. Charles est très à l’aise avec l’électronique. Il défrichait le plus gros des fichiers météo, il est vraiment excellent en navigation. Ensuite, on affinait et on prenait les décisions ensemble. De mon côté, je m’occupais de faire marcher le bateau, de vérifier que rien n’allait casser. C’est marrant car Kito et François ont le même profil que nous. Je suis très content qu’ils soient deuxièmes car ce sont des types que j’apprécie beaucoup.


Y a-t-il un moment que vous retenez en particulier?
L’arrivée évidemment. Le Costa Rica a l’air bien festif. Même si pour le moment j’ai surtout été dormir pendant trois heures. Je vais essayer d’aller accueillir les autres équipages maintenant.