Jose Mourinho et Barcelone: une relation compliquée
FOOTBALL•Mardi soir, l’Inter va défier le Barça, le club des jeunes années de Mourinho…M. Go.
Pour Jose Mourinho, aucun club n’est spécial. Qu’il rencontre l’Udinese en Serie A ou Manchester United, en Ligue des champions, l’entraîneur de l’Inter commence toujours le match en balançant quelques provocations bien senties. Pas de raison de déroger à la règle avec Barcelone, champion d’Europe en titre, que l’Inter va défier mardi soir dans un match que les Catalans ne doivent pas perdre sous peine de risquer l’élimination. «Je suis content d’avoir contribué aussi à la logistique de l’Inter, de telle sorte que le club soit aujourd’hui mieux organisé que celui de Barcelone», a taclé l’auto désigné «Special One» qui a fanfaronné que l’Inter allait se qualifier au Camp Nou.
Amour ou haine?
Barcelone ne devrait pourtant pas être un club comme les autres pour Mourinho. Car c’est en Catalogne que «Mou» a découvert le plus haut niveau. Alors qu’il n’a jamais été joueur pro, le Portugais polyglotte rentre par la petite porte en devenant en 1996 le traducteur de Bobby Robson, éphémère entraîneur britannique du Barca. Il devient vite son assistant puis seconde son remplaçant, Luis Van Gaal. Très vite le Portugais quitte le club pour voler de ses propres ailes au Portugal, en Angleterre et en Italie.
Depuis, Mourinho n’arrête pas de croiser son ancien club en Ligue des champions. Et, comme avec les premières amours, l’ambiance est toujours explosive. En 2006, Chelsea se fait éliminer au Camp Nou. «Vete al teatro, Mourinho vete al teatro» (Va au théâtre, Mourinho Va toi au théâtre) (merci silentyann), entonne le stade dans les dernières minutes. «Barcelone a de grands théâtres, mais Londres est, après New York, la ville la plus importante quand il y a du spectacle», balance le Portugais avant de souhaiter la victoire de Benfica dans cette compétition. «J'ai été quatre années à Barcelone, mais je suis Portugais, il est donc normal que j'aimerais qu'une équipe de mon pays la gagne.»
Le Camp Nou chambre:
Mourinho et Guardiola s’épient
Il n’y pas qu’une frontière qui sépare le Portugais du club catalan. Un gouffre footballistique a toujours séparé Mourinho, adepte d’un jeu en bloc plutôt défensif, du Barça qui mise sur le mouvement de ses individualités. Mais le football de haut niveau a ses raisons que le jeu n’a pas. En mars 2008, l’entraîneur de Chelsea est pressenti pour remplacer Franck Rijkaard à la tête des Blaugrana et il faudra que des voix influentes, comme celle de Johann Cruyff, s'élèvent pour faire capoter le transfert. Depuis Pep Guardiola, l’enfant du club, a conquis le cœur de Barcelone. Mourinho et l’entraîneur du Barça s’observent de loin, allant même jusqu’à s’échanger des joueurs comme les deux stars Samuel Eto’o et Zlatan Ibrahimovic. «Mon expérience avec Mourinho a toujours été extraordinaire. C’est la même chose maintenant avec Pep. Ce sont deux gagneurs», a affirmé Ibra sur le site de la FIFA. Quelques semaines après l’échange, Mourinho avait de son côté balancé. «Eto’o est le meilleur attaquant que je n’ai jamais entraîné.» On ne le changera pas…



















