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François Trinh-Duc ne prend pas encore son pied

François Trinh-Duc ne prend pas encore son pied

RUGBYDéchargé de l’animation du jeu au pied, le Montpelliérain ne s’est pas encore affirmé comme l’ouvreur indiscutable du XV de France...
Alexandre Pedro

Alexandre Pedro

La question relève presque de la métaphysique. Un demi d’ouverture est-il toujours un demi d’ouverture s’il ne sert pas de son pied? Contre l’Afrique du Sud vendredi dernier, François Trinh-Duc a très peu usé le cuir de ses crampons avec trois coups de savate (donc deux ratés) en 80 minutes. «Trinh-Duc ne fait que passer», pointait lundi un article de L’Equipe. Loin de se vexer l’incriminé admet la critique. «C’est vrai que sur ce match, je n’ai que très peu utilisé le jeu au pied. Il y a bien meilleur que moi dans ce domaine. Mais je travaille ça», promet le Montpelliérain sur RMC Info.


A sa décharge, Marc Lièvremont a surtout demandé à son ouvreur d’animer sa ligne de trois-quarts et de découper du Boks à la chaîne en défense, ce qu’il a fait et bien fait. Pour Christophe Lamaison, le procès intenté à Trinh-Duc sur sa réticence à fuir ses responsabilités au pied ne tient pas. «Si Lièvremont titularise Traille à l’arrière c’est pour son jeu au pied, ça veut dire que Trinh-Duc n’aura pas s’acquitter cette tâche là. C’est une stratégie mise en place et qui fonctionne. Le poste d’ouvreur a évolué, il faut sortir des préjugés et des idées arrêtés qu’on peut avoir sur le rôle du numéro dix», développe l’ancien demi d’ouverture des Bleus.

Titulaire faute de concurrence?


D’ailleurs, personne ne découvre les insuffisances de l’Héraultais quand il s’agit de prendre son pied. Trinh-Duc a ses défauts, mais ses concurrents à ce poste aussi comme le remarque Lamaison. «On critique François, mais le problème vient surtout du manque de numéro 10 français en Top 14. Derrière lui, il reste qui? Elissalde est trop vieux pour les sélectionneurs, Boyer ne joue pas dans le bon club (Bourgoin), Michalak joue un coup neuf un coup dix, Beauxis est blessé, Wisniewski du Racing est à voir», égrène le tombeur des Blacks en 1999.


Entre les blessures, les disgrâces de ses rivaux et les promesses qu’il laisse entrevoir, le Montpelliérain dispose d’une denrée rare chez les ouvreurs à avoir défilés sous le maillot bleu qu’est le temps. A lui de ne pas entamer ce début de crédit samedi contre les Samoa au Stade de France.