Lassana Diarra: «Je ne vois pas pourquoi j'aurais provoqué les Irlandais»

INTERVIEW Le milieu de terrain de l'équipe de France nie être le responsable du chahut de la fin de match...

Propos recueillis par Romain Scotto

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L'Irlandais Richard Dunne et Lassana Diarra s'expliquent à Croke Park, Dublin, le 14 novembre 2009.
L'Irlandais Richard Dunne et Lassana Diarra s'expliquent à Croke Park, Dublin, le 14 novembre 2009. — Cathal McNaughton / Reuters
De notre envoyé spécial à Clairefontaine

Pour certains joueurs irlandais et leur sélectionneur, Giovanni Trappatoni, le milieu défensif des Bleus est l'instigateur de l'échauffourée qui a animée la toute fin de match. Après une journée de soins à Clairefontaine, Lassana Diarra se dit étonné de ces accusations. Sans affirmer clairement qu'il n'est pas du genre à chambrer...

Après cette victoire, comment faudra-t-il jouer mercredi. Attaquer ou gérer?
Il faudra jouer comme s'il y avait match nul. On va partir et jouer pour gagner. Je ne pense pas qu'on ait un jeu pour défendre 90 minutes. On a des qualités et on va le montrer mercredi. On a un ascendant psychologique. Grand ou petit, je ne sais pas mais il va falloir répondre présent de la même façon. Ce ne sera pas une partie de plaisir.

Vous craigniez l'engagement des Irlandais dans les duels? Finalement, ne vous ont-ils pas un peu déçu dans ce domaine?
Ils nous ont bien bougé... Surtout en première mi-temps où ils étaient un peu en surrégime. Et puis on a posé notre jeu. Parce qu'on a un peu plus d'expérience de notre côté. On est resté focalisé sur ce qu'on sait faire. Mais on en garde des pépins physiques. Pendant 48h, il faut bien récupérer. En club, avec la Ligue des champions, la coupe du Roi, on accumule de la fatigue. Je ne sais pas si beaucoup d'Irlandais jouent la Ligue des champions...

Pour beaucoup, vous avez été le meilleur Français sur le terrain?
Je pense qu'en première mi-temps, toute l'équipe n'a pas joué à son niveau. Collectivement, on peut avoir des individualités qui sortent du lot. Mais samedi, c'est un travail d'équipe.

Il y a eu quelques frictions en fin de match. Vous auriez eu des mots déplacés vis-à-vis des joueurs Irlandais...
Sincèrement, je ne sais pas ce qui s'est passé. Ils perdent 1-0, ils ne sont pas contents, donc c'est forcément de notre faute. Je crois que c'est Dunne et le 8 (Andrews) qui m'ont chambré. Mais moi, je ne me suis même pas pris la tête avec ça. Il y avait un bon état d'esprit pendant le match. A la fin il y a toujours un malheureux. A partir de là on cherche des histoires. Je ne vois pas pourquoi j'aurais provoqué alors que je viens de gagner 1-0.


Sur cette vidéo, on distingue clairement Lassana Diarra aller donner un mini coup d'épaule à un Irlandais après le coup de sifflet final:




On vous a vu frapper au but. C'est une idée pour les faire sortir?
Je pense qu'on ne frappe pas assez. On a de bons tireurs de coups de pieds arrêtés ou sur des frappes. Aujourd'hui, c'est une arme importante qu'il faut travailler. C'est juste un souci psychologique. Il faut en prendre conscience. C'est tout. Le jour ou y en a un qui en met une au milieu de terrain on va réaliser que ça peut arriver et que c'est important.

Il n‚y a pas eu de carton. Cela signifie que vous avez su ne pas dépasser les limites?
On les a gardés pour le match retour (rires). Non, non, non... il fallait faire attention. C'est tout. On a bien défendu en évitant les fautes inutiles à l'entrée de la surface. On s'en est bien sortis.

Au côté d'Alou Diarra, votre rôle est-il le même qu'avec Jérémy Toulalan?
Oui j'essaye toujours de faire le piston avec l'attaque. Alou est plus grand, il prend les ballons de la tête. Après, Jérem' a d'autres qualités. On se complète bien tous. Ça fait un petit moment que je suis là, je me lâche un peu plus. Notamment dans le jeu offensif. J'ai plus de repères et puis il faut bien prendre ses responsabilités à un moment.