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La suppression du DIC est «une escroquerie intellectuelle»

La suppression du DIC est «une escroquerie intellectuelle»

SPORTFrédéric Thiriez et les présidents de ligue ne décolèrent pas contre l'abrogation du droit à l'image collectif décidée par les députés...
A.P.

A.P.

Tout vent debout, les représentants des ligues professionnelles de football, rugby, handball et basket ont décrété l’union sacrée face à la suppression du droit à l’image collective (DIC) votée par l’Assemblée le 30 octobre. Réunis mardi au siège la Ligue nationale de rugby (LNR), les présidents de ligue ont dénoncé une mesure «démagogique, inefficace et injuste».


Pas une niche fiscale


Dans un élan lyrique qui n’appartient qu’à lui, Frédéric Thiriez voit même dans la fin du DIC ( qui pourrait être effective le 31 décembre 2009) «un délit d’escroquerie intellectuelle». Le président du football professionnel français manque de s’étrangler que l’on puisse parler du DIC comme d’une niche fiscale accordée à des «sportifs nantis». C’est ce message que Thiriez et ses amis ont cherché à faire passer. Son homologue du rugby, Pierre Yves-Revol, précise que le DIC est d’abord «une exonération de charge fiscale pour les clubs». Pour rappel, cette mesure votée en 2004 permet aux clubs professionnels d’être exonérés de 30% de charges sociales sur la rémunération versée aux joueurs.

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Volontairement alarmistes, les présidents de ligue annoncent des lendemains difficiles pour leurs clubs. Revol évoque des dépôts de bilan en rugby (Montauban et Bourgoin entre autres). Ces clubs comme d’autres ont passé des contrats incluant cette mesure sur plusieurs saisons avec leurs joueurs professionnels (638 pour le rugby, 768 pour le foot, 152 pour le basket, 23 pour le hand) sur la base d’une disposition qui devait courir jusqu’en 2012. «On ne change pas les règles en plein milieu d’une saison», déplore Pierre-Yves Revol.


«C’est honteux de faire ça»


Présent à cette réunion, Max Guazzini ne mâche pas ses mots contre une décision qu’il assimile «à un coup de couteau dans le dos». Le président du Stade Français estime à 800.000 euros, le trou provoqué sur son budget par la fin du DIC. «Je ne sais pas comment je vais trouver ces 800.000 euros. Personne ne va me les donner. C’est honteux de faire ça», s’esclaffe le président parisien pour qui cette décision «montre bien qu’en matière sportive, la France est un pays du tiers-monde».


Passé ce coup de gueule commun, les différents acteurs présents doivent réfléchir à une action, par exemple une grève afin de faire passer leur message auprès du pouvoir politique. «Vous n’avez pas fini d’entendre parler de nous», menace Frédéric Thiriez.


Et vous qu’en pensez-vous? Faut-il supprimer cette mesure?

Nicolas Sarkozy a demandé la création d'une mission de réflexion sur la rémunération accordée aux sportifs de haut niveau. Le président a fait cette annonce devant les dirigeants de l'UMP reçus mardi à l'Elysée, après les remous suscités à droite par l’abrogation du DIC.