J'ai testé le badminton contre la numéro 6 mondial

BADMINTON Un journaliste de 20minutes.fr opposé à une quart de finaliste olympique: le match était forcément déséquilibré...

Alexandre Pedro

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 Hongyan Pi et un journaliste de 20minutes.fr, le 30 septembre 2009 à Paris.
 Hongyan Pi et un journaliste de 20minutes.fr, le 30 septembre 2009 à Paris. — A.Patard / 20minutes.fr

D'un côté, Hongyan Pi, numéro six mondial et des titres de championne de France en pagaille. De l’autre, votre serviteur qui n’a plus tapé dans un volant depuis ses cours d’EPS en seconde B. Dans le jargon du badminton, on appelle ça un choc des extrêmes. Un massacre assuré si vous préférez. Bref, je balise un peu. De loin, j’ai pourtant tout du parfait joueur de badminton. Equipé des pieds à la tête en Babolat – la marque qui a eu l’idée perverse de confronter une des meilleures joueuses de la planète à quelques journalistes inconscients – j’essuie les plâtres pour mes confrères. Soucieuse de mes articulations, Hongyan me conseille d’effectuer quelques étirements avant de commencer. C’est gentil.

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Arrive le premier échange. Echange, c’est vite dit puisque je frappe lamentablement à côté du volant. Deuxième volant et rebelote. A peine consternée, Hongyan me glisse de ne pas attendre que le volant redescende pour le frapper. Pour me remonter le moral, je me raccroche aux mots que m’a glissés une personne de la fédération quelques minutes auparavant. «Vous savez, quand elle a commencé à s’entraîner en France (Pi a commencé sa carrière Chine, ndlr), elle avait du mal à trouver des adversaires capables de lui renvoyer le volant».
 
«Le revers, ce n’est pas ça»
 
Après deux minutes et une mise au point technique de sa part, je commence enfin à me libérer et à tenir l’échange. D’accord, Pi joue à 3,14159265% de ses possibilités, d’accord elle bouge à peine alors que je suis dans un état de sudation proche d’un cycliste planté dans les lacets d’un col;  mais il n’empêche que je commence à me prendre au jeu. Forte de ses 20 ans de pratique, Hongyan cible très vite mon point faible: «C’est mieux, mais le revers ce n’est pas encore ça». Face à l’ampleur du chantier, elle passe de l’autre côté du filet me montrer le geste adéquat.  

La confiance et une certaine suffisance aidant, je me dis que c’est le moment de profiter de sa gentillesse pour gratter un point. Sur un malentendu… Au cours d’un échange plus «acharné» que les autres, je tente une amortie que je crois gagnante. Deux pas puis un grand écart et Hongyan récupère le volant pour mieux me planter un contre-amortie imparable. C’est mort pour mon point? C’est mal me connaître. Sur un smash boisé, je la surprends avec une balle courte aussi imparable qu’involontaire. A ce moment-là, je me sens comme un Lilian Thuram après un but du pied gauche contre la Croatie.

«Une histoire de poignet»
 
Dernier échange. En escroc, je lance à Hongyan «celui qui marque ce point gagne le match». Après deux coups de raquette, elle décide de jouer sur ma gauche, cette gauche maudite. Bien observé. Mon smash de revers s’échoue sous le filet. C’est alors l’heure du débriefing. Lucide sur mes mauvaise habitudes prises en jouant au tennis, Hongyan m’explique que le badminton, c’est «avant tout une histoire de poignet, il faut laisser le poignet vivre. Pas comme au tennis». Un conseil qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, je le jure.