Championnats du monde d'escrime: les Bleus à la pointe de l'épée?

Alexandra Patard

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Le Chinois Man Zhong défie Nicolas Lopez au sabre en finale des Jeux olympiques de Pékin, le 18 août 2008.
 
Le Chinois Man Zhong défie Nicolas Lopez au sabre en finale des Jeux olympiques de Pékin, le 18 août 2008.   — Stefano Rellandini/Reuters
Avec la retraite internationale du double champion olympique Fabrice Jeannet après les JO de Pékin, c’est une équipe de France privée de son leader qui débarque à Antalya (Turquie) pour disputer les Mondiaux d’escrime.  Au mois de juillet, lors des championnats d’Europe en Bulgarie, la France a ramené sept médailles (2 en argent et 5 de bronze), mais aucun titre. Beaucoup de pays s’en contenteraient, pas la France, croqueuse d’or depuis plus d’un siècle.  Autant dire que les Bleus ont mis les bouchées doubles à l’entraînement pour rebondir après ce semi-échec?

En Turquie, les tricolores aspirent à retrouver la plus haute marche du podium. Le talent est là pour y arriver, mais l’escrime «reste aléatoire» rappelle Michel Sicard, le Directeur technique national (DTN) interrogé par 20minutes.fr. «Notre objectif à Antalya se situe entre 4 et 6 médailles, mais cela dépend d’une multitude de détails: la gestion des rapports de force, des fautes de concentration. Vous avez beau être dominants dans certains duels, être à plus de six ou sept touches devant votre adversaire et vous perdez à cause de petites fautes.» La concentration, un problème qui a pénalisé l’équipe de fleuret aux championnats d’Europe. «On a beaucoup parlé avec les athlètes lors d’entretiens individuels et en groupe, avance Stéphane Marcelin, l’entraîneur de l’équipe de France de fleuret. Car chacun a sa façon d’aborder une grande compétition. On a insisté sur la qualité des tireurs, leur envie de s’exprimer sans pression négative. Qu’ils osent prendre des risques pour faire la différence.»

Préparés pour la victoire

Si la France brille en équipe lors des grandes compétitions, elle peine encore a retrouver un second souffle en individuel, dans un sport dominé actuellement par les Italiens au fleuret ou les Américaines au sabre. «En fleuret, j’ai quatre gars (Brice Guyart, Erwann Le Pechoux, Térence Joubert et Grégory Koenig) qui ont déjà goûté à la victoire pendant la saison en Coupe du monde, rappelle Stéphane Marcelin. Ils connaissent le chemin pour aller jusqu’au bout. Après il y a le contexte. Nous sommes dans une année post-olympique. Ce n’est pas simple de rebondir, il faut se remettre en question. Mais sur un jour de compétition, tout peut arriver.»

Confiants mais lucides, les Bleus abordent ces championnats du monde après un été très studieux. A Vittel ou à Courchevel pour le fleuret, l’accent a été mis sur la préparation physique et mentale. «On s’est spécialement préparé dans l’optique de la victoire, pas pour faire un quart ou une demie», prévient Marcelin. Un objectif qui sera mis à l’épreuve dès mercredi matin avec les qualifications du sabre féminin et du fleuret masculin.