Retour surveillé des supporters de l'OM à Madrid
FOOTBALL•Un an après les débordements survenus face à l’Atletico Madrid...Matthieu Payen
Les Madrilènes n’ont rien oublié. Ni les incidents entre supporters marseillais et forces de l’ordre le 1er octobre 2008, dans les tribunes du stade Vincente Calderon en marge du match Atletico Madrid-OM; ni le procès médiatique de l’ultra Santos Mirasierra, condamné à trois ans et demi de prison par la justice espagnole; ni enfin, la libération sous caution du supporter… Un an après cette affaire, des dispositions particulières ont été prises à l’occasion de la venue à Madrid mercredi du club phocéen qui rencontre le Real mercredi soir. Cette fois, il s’agit d’éviter tout affrontement.
Une série de réunions a donc eu lieu en début de semaine entre représentants des deux clubs afin de préparer l’arrivée des supporters de l’OM qui feront le déplacement. Le chef de la sécurité du club marseillais, Guy Cazadamont, s’est d’abord entretenu lundi soir avec Emilio Butragueno, le directeur des relations institutionnelles du Real. Il avait aussi prévu de se rendre mardi matin à l’ambassade de France pour étudier avec les forces de sécurité madrilènes l’encadrement des supporters. «Nous serons entièrement pris en charge par nos stadiers, puis par les stadiers espagnols», précise Guy Achenza, du groupe des supporters des Marseille Trop Puissant.
Sans Santos, mais sous les yeux du CIO
Dans le même temps, le directeur général de l’OM, Antoine Veyrat, et José Anigo ont rencontré les groupes de supporters. «Nous avons aussi communiqué les consignes de la police espagnole et du club, a commenté Antoine Veyrat sur le site du club. La consigne numéro 1, c’est évidemment: Pas de provocation. Les mégaphones seront interdits et les banderoles seront acceptées à condition de ne pas avoir de supports rigides.» Du côté des supporters, on se dit serein: «Nous y allons sans crainte parce que nous ne cherchons jamais les ennuis, assure Guy Achenza. Les consignes sont les mêmes que pour un autre match.» Pourtant, ils ne seront que 1719 à faire le déplacement à Santiago Bernabeu, contre 4000 en 2004. «Nous avons constaté une vraie mollesse sur les réservations, regrette Michel Tonini, vice-président des Yankees. Au-delà des difficultés économiques, le fait est que les événements de l'année dernière ont dissuadé beaucoup de gens. On se déplace pour le plaisir pas pour prendre des coups de matraque.»
Madrid tremble pourtant à l'idée d'accueillir le petit contingent marseillais. Et pas seulement à cause de l’affaire Santos. Ce dernier a d’ailleurs annoncé sur OMTV qu’il ne ferait pas le voyage: «Je ne veux pas que ce match se transforme en chasse à l'homme. Je pense aussi aux autres supporters. Si je devais y aller, je voudrais pouvoir y aller l'esprit libre.» La capitale espagnole joue surtout ce soir-là sa crédibilité, à trois jours de la désignation par le Comité internationale olympique de la ville organisatrice des JO 2016. De quoi rendre un peu nerveux.


















