Justine Henin: le retour de la mal aimée

TENNIS La Belge est de retour sur les courts...

Alexandre Pedro

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La Belge Justine Henin, numéro un mondiale de tennis, a annoncé mercredi lors d'une conférence de presse à Limelette (centre de la Belgique) qu'elle mettait "un terme définitif" à sa carrière.
La Belge Justine Henin, numéro un mondiale de tennis, a annoncé mercredi lors d'une conférence de presse à Limelette (centre de la Belgique) qu'elle mettait "un terme définitif" à sa carrière. — Sascha Schuermann AFP/DDP/Archives

Il va être bien difficile de rivaliser avec Kim Clijsters, victorieuse de l’US Open après un break de deux ans. Après une retraite de seize mois où l’ancienne numéro un mondial a cherché en vain sa voie entre chanson, comédie et autres activités publiques, Justine Henin a officialisé mardi soir à la télévision belge son retour à la compétition. Pas de quoi mettre la Belgique en ébullition pourtant. Dans un pays gagné – même en Wallonie – par la «Clijstersmania» depuis le retour gagnant de maman Clijsters à l’US Open, Henin est plus respectée qu’aimée. «Justine Hénin est la plus grande sportive belge de l’histoire. Mais voilà, Clijsters est plus sympathique et abordable qu’une Hénin qui ne déborde pas d’une sympathie torride», constate Philippe Mertens, journaliste au «Soir».

>> Le vidéorama sur la retraite active de Justine Henin est ici


Malgré «un palmarès quatre fois supérieur à celui de Clijsters» dixit Mertens, la Wallonne peine à faire chavirer les cœurs. «Justine est quelqu’un qui se concentre sur son sport et basta. Pourtant en dehors des courts, c’est quelqu’un de très ouvert», plaide pourtant Nathalie Tauziat, proche de la Belge quand elle arpentait le circuit WTA. Monstre de travail et de détermination, la gamine chétive de Rochefort au parcours familial cabossé (perte de sa mère à 13 ans, brouille avec son père, divorce à 26 ans) a tout sacrifié pour son sport et compenser son manque de puissance. Le résultat  c’est sept tournois du Grand Chelem et une domination incontestée sur les courts.

«Elle est presque condamnée à réussir»

Qu’est-ce qui peut donc motiver une fille qui à tout gagné – Wimbledon excepté – pour reprendre sa raquette à 27 ans? Son amie Nathalie Tauziat esquisse un début de réponse: «Quand elle a pris sa retraite, Justine a expliqué vouloir essayé autre chose. Peut-être qu’elle n’a pas trouvé dans quoi s’épanouir». Voir Kim Clijsters faire la nique à la nouvelle génération n’a pas manqué de titiller son orgueil de championne et de raviver les vieilles jalousies.  «Après le retour réussi de Clijsters, elle est presque condamnée à réussir. Mais ce n’est pas parce que la première a réussi son come-back que ça sera pareil pour la seconde», prévient Philippe Mertens.

Nathalie Tauziat, elle, ne doute pas de la capacité d’Henin à imposer de nouveau sa loi sur les courts. «A 27 ans, on revient vite à son top physiquement. Et c’est probable que le niveau du tennis féminin en stagnation doit lui faire penser que c’est possible». La Française est même persuadée que c’est «une nouvelle Justine» qui va se présenter. «On va découvrir une Justine différente, cherchant à prendre du plaisir et à plus communiquer avec le public». Peut-être qu’il faut créer le désir et le manque pour enfin gagner les cœurs.

Sur les courts dès janvier 2010

«Le but c'est de revenir au mois de janvier en Australie (première levée du Grand Chelem en 2010», a précisé la championne belge sur RTL-TVI