US Open: Deux Belges en demi-finales? La bonne blague
TENNIS•Après deux ans de vaches maigres, le tennis féminin belge revient au premier plan...R.S.
Comment un pays comptant moins de 100.000 licenciés réussit à placer deux de ses représentantes en demi-finale d’un Grand Chelem quand la France n’aligne pas la moindre joueuse au 3e tour? A l’US Open, Yanina Wickmayer et Kim Clijsters, joueront toutes les deux pour une place en finale, vendredi soir. La première émerge sur le circuit alors que la seconde effectue son retour en force. Mais par leurs exploits new-yorkais, les deux Flamandes ont replacé leur pays sur la carte du tennis mondial, au moment où il s’y attendait le moins.
«C’est assez fou, s’étonne Philippe Mertens, journaliste au quotidien Le Soir. On pensait être repartis pour un siècle de disette après la période exceptionnelle qu’on a vécue. Et là, on se remet à parler de tennis. C’est un petit miracle.» Ces deux dernières années, le tennis est donc redevenu un sport confidentiel, plongé dans la nostalgie des exploits du duo Clijsters – Hénin, au sommet du classement WTA
Une finale 100% belge?
Hormis la thèse de l’accident, cette résurrection soudaine ne trouve pourtant pas d’explication structurelle. Le tennis, comme l’ensemble du sport belge, subit les règles du fédéralisme. Le pays ne possède pas de centre national ou de structure destinée à former les champions. «C’est le grand drame du sport belge, poursuit Mertens. On est le pays du bricolage. Les forces ne sont pas centralisées ce qui fait que bien souvent, le parcours d’une joueuse est le fruit d’une initiative individuelle.»
Yanina Wickmayer en est l’illustration. Exilée aux Etats-Unis avec son père, entièrement dévoué à sa carrière, la Belge de 19 ans s’est forgée loin de son pays natal. Cette grande cogneuse ne doit donc pas grand-chose au tennis belge. Si ce n’est d’avoir observé le jeu Kim Clijsters, dont elle se dit plus proche que Justine Hénin. «Lorsque Kim jouait, j'étais encore junior et avant l'US Open, je ne l'avais jamais vue dans un tournoi où j'étais inscrite, confie la 50e mondiale. C'est une expérience énorme d'être avec elle sur le tournoi, de voir comment elle joue, comment elle se prépare. J'espère que l'on se rencontrera pour une finale 100% belge.» Dans le tennis féminin, on connaît bien le refrain.



















