L'ancien Lillois Moussilou n'est pas encore Matt

Antoine Maes

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Matt Moussilou a besoin de jouer.
Matt Moussilou a besoin de jouer. — O. TOURON / 20 MINUTES

C'est un grand sensible au bord de la route. Il s'appelle Matt Moussilou, il a 27 ans, et même qu'un jour, il a planté quatre buts dans un seul match de Ligue 1. C'était contre Istres (8-0), il y a trois ans, et ce soir-là «c'était l'état de grâce».

Maintenant, alors que le marché des transferts vient de fermer ses portes, il n'a plus de club, plus de «challenge» comme il dit, et attend que son téléphone sonne. Au bout du fil, un club grec lundi, deux équipes tchèques hier soir. «J'attends. Les échecs, ça ne peut plus durer. J'ai besoin de jouer.»

«Les gens pensaient but, but, but. Ça a fait poteau»

Ancien international espoir, pur produit de la formation lilloise, on l'aurait bien vu monter très haut, après une saison à douze buts, en 2005. Aujourd'hui, il est tout en bas. «Si tu m'avais dit il y a trois ans que j'en serai là, je ne t'aurai pas cru», sourit tristement le franco-congolais.

Il est détendu, a l'air en forme, se marre même souvent. Mais peut s'emporter aussi. Contre «ceux qui ne lui donnent pas [sa] chance». Il en a besoin, de confiance, «comme Gignac, qui a fait le dos rond, qui a travaillé sereinement». Pas comme lui, à Nice. «Quand tu as passé dix ans dans le Nord, que t'arrives chez des gens qui ont une mentalité d'italien ou de corse avec l'étiquette du plus gros transfert du club... Les gens pensaient but, but, but. Ça a fait poteau», explique-t-il. Un mauvaise trajectoire qui l'envoie à Saint-Etienne, Marseille, au Qatar. Puis Retour à Nice pour ne pas jouer. On l'oublie.

«Si j'étais comme ça, je serai resté au Qatar, j'aurai pris l'argent»

Et ça semble le vexer. Comme l'image qu'il renvoie. Celle d'un dilettante, d'un nonchalant indécrottable. Dans le football professionnel, ça revient grosso modo à se foutre du monde. «Si j'étais comme ça, je serai resté au Qatar, j'aurai pris l'argent: avec ce qu'on me proposait, je n'aurais plus eu besoin de travailler».

Ça a l'air d'un lieu commun, mais il a vraiment l'air plus mûr. «Avant, j'étais un enfant. Aujourd'hui, je suis un homme.» Ce challenge là est déjà réussi.