Des supporters utilisent Facebook pour sauver le FC Sète

Alexandra Patard

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Le gouvernement britannique soutiendra une éventuelle candidature pour accueillir la Coupe du monde 2018, devrait annoncer lundi le ministre des Finances, Gordon Brown, selon l'Association des journalistes anglais (AJA).
Le gouvernement britannique soutiendra une éventuelle candidature pour accueillir la Coupe du monde 2018, devrait annoncer lundi le ministre des Finances, Gordon Brown, selon l'Association des journalistes anglais (AJA). — Jacques Demarthon AFP/Archives

Le nom ne vous dit certainement rien. Seuls les passionnés de football National le connaissent. Le FC Sète, qui a connu la gloire et les titres dans l’entre-deux-guerres, champion de France Sud-Est (1922-1926) et auteur notamment du doublé Coupe-championnat de France en 1934, est en proie à de grosses difficultés financières. La menace de relégation du club en Division d’honneur a poussé deux jeunes supporters, Valentin Giorgetti et Stephan Dandieu, à créer un groupe sur Facebook. «Le FC Sète a une identité, c’est un club historique, on ne peut pas le laisser tomber comme ça», défend Valentin. Communiquer sur Facebook apparaît comme une évidence pour ces deux passionnés des «Vert et blanc», qui possèdent chacun un compte sur le site communautaire. Pour le nom du groupe, pas de problème non plus. Les deux jeunes gens décident de prendre au pied de la lettre les dernières déclarations de Bernard Tapie, fin juin dans la presse : «Le football, je l'aime trop pour ne pas y revenir un jour. Pourquoi pas dès cette saison ?». Alors que l’homme d’affaires est pressenti du côté de Nice ou encore du Nîmes Olympique, le groupe Facebook se nommera : «Pour que Tapie sauve le FC Sète».
 

Plus de 500 membres en quelques jours

Leur objectif est simple: «Populariser le club, montrer à toute la France qu’on n’est pas bien financièrement, et avec un peu de chance, qu’un mécène reprenne le club», explique Valentin. «On a décidé de créer un groupe de soutien sur Facebook pour rigoler et faire parler du club». Mais la blague prend rapidement de l’ampleur avec Internet. A peine mis en ligne, leur groupe fait le buzz et rassemble plus de 500 membres en quelques jours. «On ne s’attendait pas à une telle médiatisation», commente Valentin, supporter du FC Sète depuis qu’il a 4 ans. La presse locale s’en mêle et contacte le principal intéressé. La réponse de Bernard Tapie est claire: «Et quoi encore… ça ne m’intéresse pas». Il en faut plus pour décourager les deux compères. Tapie ou un autre, peu importe. Valentin et Stephan réagissent vite et créent un nouveau groupe, nommé «Pour qu’un mécène sauve le FC Sète».

Plus d’illusions au club

Pas sûr que le poids des 700 membres suffise à interpeller un financier prêt à rembourser les dettes. Au club, d’ailleurs, on ne se fait plus d’illusions. «Je ne pense pas que les pétitions pour le FC Sète vont faire avancer les choses», raconte l’ancien président de la Brigata Verde Bianca, le groupe de supporters ultras, qui a souhaité garder l’anonymat. «Je ne suis pas pessimiste, mais le sort est déjà fixé. C’est peut-être mieux de repartir sur des bases saines, plutôt que de rester encore un an dans cette galère». Le FC Sète attend maintenant qu’un repreneur se manifeste. Drôle de fin, pour une équipe qui a été au sommet du football français.