«Tout est une question de dosage»
FOOT•Les secrets d'une bonne préparation physique d'avant-saison...Antoine Maes à Lille
Alors que vous lisez ces lignes, les joueurs de Lille, Lens, Valenciennes et Boulogne sont déjà sur le pont. Ils vont suer à grosses gouttes, mais c'est pour leur bien. Les secrets d'une préparation physique réussie avec Alexandre Marles, docteur en physiologie appliquée à la performance sportive.
A quoi ça sert ?
«Le but d'une préparation physique d'avant-saison, c'est d'amener un groupe au meilleur niveau. Au début, il faut le fédérer, pas forcément le faire travailler. Mais les joueurs n'ont plus fait de vrais efforts depuis trois semaines/un mois, donc il faut qu'ils retrouvent une condition physique rapidement. Quatre à six semaines sont nécessaires pour obtenir un groupe homogène. Ensuite, en pleine saison, on n'aura plus le temps d'aller au fond des choses, ce sera de l'entretien. De toute façon, c'est impossible d'être en forme toute l'année».
La quadrature du cercle
«Obtenir une bonne préparation, c'est très dur et très complexe. Tout est une question de dosage, comme une mayonnaise. D'abord, tous les joueurs n'ont pas le même niveau ou les mêmes qualités. Un défenseur court moins, mais doit faire face à beaucoup de duels. Un attaquant va répéter des sprints, ça tire plus vers la rapidité. On essaie d'individualiser. Après, un joueur dont la qualité première est la vitesse, si on le rend plus endurant au détriment de sa rapidité... Là encore, c'est une question de dosage. En France, il y a trois ou quatre théories de la préparation physique, totalement opposées, qui arrivent pourtant à un résultat cohérent.»
Un métier à part entière
«C'est un métier aux frontières du médecin et de l'entraîneur. Mais chacun son rôle, on est au service du coach. Par exemple, j'ai travaillé dans un club avec deux entraîneurs différents. La tactique du premier, c'était d'attendre l'adversaire et ensuite de partir très vite vers l'avant. Le second mettait en place une défense de zone, avec un pressing sur le porteur du ballon. Eh bien on ne préparait pas les joueurs de la même façon. Dans la région, il y a beaucoup de bons préparateurs physiques, comme Philippe Lambert ou Grégory Dupont. Un club comme le Losc a aussi une vraie culture de la préparation physique. Mais bon, ce n'est pas LE facteur déterminant. Un joueur à la rue peut pousser le ballon au fond des filets.»



















