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Comment l’UBB tente de se remobiliser pour son barrage face au Racing ?

Top 14 : « Arrêter de baisser la tête »… Comment l’UBB tente de se remobiliser pour son barrage face au Racing ?

RUGBYL’Union Bordeaux-Bègles reçoit le Racing 92 en barrage du Top 14 dans un contexte un peu particulier après une deuxième partie de saison très compliquée
Clément Carpentier

Clément Carpentier

L'essentiel

  • L’Union Bordeaux-Bègles accueille ce dimanche (21h) le Racing 92 en barrage du Top 14 au stade Chaban-Delmas.
  • Pour préparer cette rencontre après des semaines compliquées, les cadres du vestiaire ont décidé de prendre les choses en main.
  • Christophe Urios, le manager bordelais, attend une réaction et espère enfin un peu de pression et tension autour de ce match à la vie, à la mort.

C’est le revers de la médaille quand vous changez de statut. Il faut l’assumer chaque semaine, chaque jour et même chaque heure sinon les critiques peuvent vite arriver. C’est ce que vit actuellement l’Union Bordeaux-Bègles depuis un petit bout de temps. Troisième du Top 14, qualifiée pour la deuxième année d’affilée pour les phases finales, l’UBB n’aborde pourtant pas dans les meilleures dispositions la réception du Racing 92 en barrage ce dimanche (21h) au stade Chaban-Delmas.

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La faute à une série de dix défaites sur les treize derniers matchs du club. S’il est encore trop tôt pour parler de crise de croissance, il y a aujourd’hui une vraie crise de résultats. Et forcément celle-ci provoque depuis quelques semaines le courroux de Christophe Urios. Après la dernière défaite face à Perpignan, le manager bordelais a une nouvelle fois pointé l’état d’esprit de ses joueurs. Des joueurs qui « choisissent » un peu trop leurs matchs selon lui. Il les a aussi appelé à prendre leurs responsabilités lors de ses phases finales du Top 14.

Les cadres ont pris les choses en main

Un message reçu 5 sur 5 par son groupe et d’ailleurs, il « n’en attendait pas moins ». « C’est aux leaders de passer devant, explique le patron de l’UBB. Dès lundi matin, ils sont venus me voir en me disant qu’ils voulaient faire les choses. Je n’ai pas fait une réunion lundi et mardi. Ce sont eux qui ont fait les réunions. » « Une démarche logique » pour le capitaine Mahamadou Diaby : « On a la chance d’avoir des joueurs d’expérience dans le groupe et dans ces moments-là, c’est important que ces cadres donnent la ligne directrice, la voie. On s’est recentré sur nous pour avoir les idées claires. » Encore faut-il que cela se traduise par une réaction sur le terrain dimanche soir.

Le mot d’ordre est simple : « Arrêter de baisser la tête », insiste Maxime Lucu. Pour le demi de mêlée du XV de France, il est temps « d’arrêter de penser au passé, arrêter de gamberger et de se poser des questions et surtout il faut être positif ». C’est le message que les cadres ont essayé de faire passer pour sortir de cette mauvaise spirale. « On a aussi fait de très bonnes choses cette saison, on a revu ces moments-là, c’était important. Il faut vraiment arrêter de baisser la tête. On travaille en ce sens ces derniers jours et en silence », rappelle Lucu. Aucun joueur n’est d’ailleurs venu face à la presse dans le milieu de la semaine.

« Ils veulent me faire fermer ma gueule. Je n’attends que ça ! »

Christophe Urios, lui, était bien présent mercredi puis ce samedi. La première fois pour dire qu’il « ne regrettait pas » sa sortie médiatique après la déroute catalane et la seconde pour rappeler à tout le monde que « le juge de paix » c’est dimanche et pas la semaine à l’entraînement. Il a en tout cas senti une « tension différente » notamment vis-à-vis de son staff et surtout de lui. « Ils sont en guerre contre moi et ils veulent me faire fermer ma gueule. Je n’attends que ça et je serai le premier heureux s’ils le font », avoue le manager bordelais.

Mais à part ses habituelles prises de paroles, il a pris un peu de recul. Pas évident de se faire petit pour le charismatique colosse à la gouaille inimitable. Une situation dont il préfère s’amuser : « Je vais quand même garder la prérogative de la composition d’équipe et je serai quand même au match dimanche, hein (sourire). Des solutions, j’en ai plein. Est-ce qu’elles vont marcher, je ne sais pas. Ne rien dire pendant deux jours, c’en était une. Si ça se passe bien pour nous, je vais fermer ma gueule jusqu’à la fin de la saison. Ça, ça va vous manquer (rires). » On met tout de même une pièce qu’il aura du mal à rester bouche cousue et que le vrai Christophe Urios risque de vite manquer à ses joueurs.

Urios regrette le manque de pression extérieure

Le manager de l’Union Bordeaux-Bègles espère aussi qu’il y aura (enfin) un peu de tension et de pression en tribune. C’est une des choses qu’il regrette depuis son arrivée en Gironde. La tranquillité bordelaise, ce n’est pas trop son truc. Il l’avait pointé du doigt il y a quelques semaines alors que son équipe enchaînait les défaites à domicile. Peu de critiques, un public bien trop gentil à son goût… « C’est une chose contre laquelle il essaie de lutter, cette absence de pression populaire et un peu médiatique », développe l’un de ses proches.

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Christophe Urios fait en effet partie de ses entraîneurs qui pensent que la pression est une bonne chose. Une réflexion qu’il a développée notamment auprès de l’un des plus grands préparateurs mentaux, celui des All Blacks, Ceri Evans. Frédéric Rey-Millet, a écrit deux ouvrages avec l’entraîneur bordelais, il est revenu cette semaine sur ce sujet auprès de France Bleu : « Les All Blacks quand ils perdent un match, ils ne sortent pas de chez eux pendant quinze jours. Il n’y a pas suffisamment de pression extérieure parce qu’en fin de compte ici, peut-être qu’on a pris l’habitude de se satisfaire déjà d’être en phases finales. Il n’y a pas forcément parmi l’environnement une haine de la défaite. Et là, si on se fait éliminer on se dira, c’était quand même pas mal. » Sauf que l’UBB a changé de statut et qu’elle vise désormais chaque saison le Bouclier de Brennus.