Soderling fait tomber Nadal

TENNIS Le Suédois sort le quadruple tenant du titre en quatre sets (2-6, 7-6 (7/2), 4-6, 6-7 (2/7)...

A.P.

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Rafael Nadal, le 31 mai 2009 après sa défaite à Roland-Garros face à Robin Soderling.
Rafael Nadal, le 31 mai 2009 après sa défaite à Roland-Garros face à Robin Soderling. — R.Duvignau/REUTERS
De notre envoyé spécial à Roland-Garros

Il s'appelle Robin Soderling. Jusqu'à ce dimanche 31 mai 2009, ce Suédois irascible était surtout connu pour son mauvais caractère et sa capacité à trembler du bras lors des moments cruciaux. Sur les coups de 17h55, il est devenu à tout jamais l'homme qui a fait tomber Rafael Nadal à Roland-Garros. Mais à vrai dire le Majorquin est peu tombé de lui-même. «Je n’ai pas joué mon meilleur tennis, confie un Nadal marqué mais pas abattu. J’ai joué trop court, pas assez attaqué. Quand un joueur joue mal, il doit l’accepter.»

«Rafa à mal joué»

Après trente et une victoires de rang, quatre trophées des Mousquetaires soulevés, «l'extraterrien» découvre le goût amer et inédit de la défaite sur sa terre parisienne. Ce matin en se levant, Robin Soderling (25e à l'ATP) était pourtant loin de s'imaginer qu'un Central en ébullition scanderait son nom après une dernière volée ratée du numéro un mondial. Prenant fait et cause pour le Suédois, le public parisien ne cache pas sa joie à la vue du roi à terre. «La leçon à tirer de cette défaite? Qu’on s’en aille très vite d’ici», préfère en rigoler son tonton de coach, Toni Nadal.

Depuis le début de la quinzaine, l'Espagnol paraissait bougon, certains évoquaient une gêne au genou. Le démontage en règle d'Hewitt au tour précédent apportait un cinglant démenti. Pour un temps. Interrogé à la sortie du match, Toni Nadal, feint de se montrer surpris: «Rafa à mal joué, je savais qu'il était capable de mal jouer et de perdre ici. Quoi qu'on en dise, sa saison sur terre n'était pas si convaincante». Chez les Nadal, une saison moins convaincante se traduit par des victoires à Rome, Monte-Carlo, Barcelone et une finale à Madrid.

Soderling ne tremple pas

Sur un Central balayé par le vent, Rafael Nadal est apparu moins saignant.  Son coup droit si dévastateur semblait avoir perdu de sa lourdeur. C'est bien le Suédois qui a imprimé le rythme à son match, dictant le jeu à sa guise et accélérant toujours aux bons moments. Soderling avait le bras et l'occasion pour réaliser l'impensable. Restait à savoir si sa tête sujette à des coups de chaud intempestifs allait suivre.

Elle n'a pas lâchée. Une dernière volée dans le couloir et l'impensable se réalise. Rafael Nadal trouve son Adriano Panatta (unique bourreau de Bjorn Borg Porte d'Auteuil). Il s'appelle Robin Soderling. Il est Suédois. Un clin d'oeil de l'histoire peut-être.

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