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Virginie Razzano: «Moi jalouse? Si on me pique mon mec, oui»
TENNIS•La Française affrontera Stosur en 8e de finale...Propos recueuillis par Romain Scotto
Victorieuse face à Tathiana Garbin sur le Central, la Dijonnaise porte désormais avec la seule Aravane Rezaï les chances françaises en 8es de finale. Elle y affrontera l’Australienne Samantha Stosur et semble assumer pleinement le statut de dernier espoir…
Malgré la victoire, vous avez souffert pendant ce match, non?
Ce n’était pas un match facile. Les conditions étaient plus difficiles que d’habitude. Le vent tournait à l’intérieur du court. Les gens ne se rendent pas compte. C’est difficile. J’ai dû être patiente, mieux négocier mes points. Toujours avec méfiance. C’était un match piège. Elle a battu Marion Bartoli quand même. Alors je ne l’ai pas prise à la légère. Je n’ai pas joué mon meilleur jeu, mais avec les conditions, j’ai été gênée. Il fallait rester forte dans la tête.
On vous a vu appeler le kiné dans le premier set. Vous êtes blessée?
Ce n’était pas le kiné. Mais une femme de la WTA, j’avais un patch mal placé. Elle voulait que je change de tee-shirt. Je lui ai dit que je ne pouvais pas parce que tous mes tee-shirts sont comme ça, cousus au même endroit. Elle voulait découper… je lui ai dit qu’elle allait m’abimer tous mes tee-shirts. Alors je lui ai dit: "soit je joue à poil, soit je joue comme ça." Tant pis pour l’amende. J’avais autre chose à faire à 3-0.
Comment avez-vous vécu cette balle de match complètement dingue?
C’est la plus belle de ma carrière. Depuis que je joue au tennis… Elle a été coriace. Elle courrait partout, elle me la remettait. Ç’a été dur pour moi. Je me suis arrachée pour la récupérer. Elle a cédé au bout de je ne sais plus combien de volées…
Le stress ne vous a pas rattrapée en entrant sur le court?
J’avais un peu d’excitation. On ressent toujours de la tension en entrant sur le court. Une boule au ventre. Si je ne l’avais pas, ce ne serait pas normal. C’est mon métier. J’ai réussis à me détendre, à être relâchée. Après, Tathiana a très bien joué, avec ses revers chopés, ses amorties. Elle m’a tout fait, un peu à la Suzanne Lenglen.
Aujourd’hui, croyez-vous pouvoir prétendre au statut de numéro1 française?
Je ne sais pas… Ce que je trouve dommage, c’est que quand on est nombreuses à bien marcher, on ne met l’accent que sur les numéros 1, 2 ou 3. Quand on voit les jeunes espoirs français, Aravane (Rezaï), la joueuse de Georges Goven (Mladenovic). Je trouve que c’est dommage qu’on ne les valorise pas assez. Aravane ou moi, on fait de très bons matchs, en ce moment. Cette médiatisation est méritée. Je ne dis pas qu’on doit être toutes valorisée de la même façon. Mais quand on fait certains résultats, je trouve que c’est normal. Je ne suis pas jalouse des autres Françaises. La seule chose. C’est qu’on me pique mon mec. Je ne supporterai pas qu’une fille drague mon copain.


















